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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 04:59

 

 

Si on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas davantage ses origines et son histoire familiale, on se construit avec elles, elles font partie de nous qu'on le veuille ou non. 

 

J'en sais quelque chose,  née en France d'une mère française et d'un père kabyle arrivé à Paris à l'âge de 15 ans et laissant derrière lui sa famille et son pays en guerre, la colonisation, la guerre d'Algérie et l'exil font partie de mon inconscient transgénérationnel, de mon passé ... un passé que je n'ai pourtant pas vécu. 

 

Anne Plantagenet est petite fille de pied-noirs Algériens, elle a hérité de cette histoire là !

Trois jours à Oran est le récit d'un retour sur une Terre qui lui est familière sans la connaitre, une Terre empreinte de culpabilité, de souffrance, de tristesse et de nostagie, autant de sentiments dont elle souhaite se délester pour pouvoir enfin avancer .

 

Ce voyage, elle le fera avec son père, comme un cadeau. 

Dès les premières pages, l'émotion est au rendez-vous, on sent que ce roman est important, qu'elle attend beaucoup de ces trois jours à Oran.

Il y a très peu de romans écrits sur ces sombres heures de l'Histoire de notre pays, combien de romans sur la seconde guerre mondiale ( encore en cette rentrée littéraire, presque 70 ans après !) pour combien sur la guerre d'Algérie ? Est ce dû au fait que l'une s'est passée chez nous et l'autre ailleurs, loin, de l'autre côté de la méditerranée ? Est ce parce qu'on a gagné la première et perdu la seconde ? Où y aurait-il des degrès dans le traumatisme qui marqueraient plus ou moins la mémoire collective ?

Autant d'interrogations auxquelles je n'ai pas de réponses mais qui m'interpellent d'un point de vue littéraire et politique.

Alors voilà, Anne Plantagenet veut lever le voile sur les non-dits, sur ce sentiment de honte et cette culpabilité qu'elle se traine depuis toujours alors qu'elle n'était même pas née pendant la guerre.

 

 Un roman qui m'aura touchée par sa justesse, sa pudeur et sa sincérité et qui aurait mérité qu'on en parle un peu plus.

 

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commentaires

Sandra 08/10/2014 23:08

Ce roman m'attire car j'ai en effet du mal à comprendre pourquoi certaines personnes portent leur héritage familiale comme un fardeau alors que comme tu le dis, elles n'étaient même pas nées aux temps obscurs des guerres du passé. On aura peut-être l'occasion d'en reparler...

Malika 09/10/2014 08:42

Ce roman répond assez bien à ton interrogation, ça peut paraitre absurde mais pourtant l'inconscient transgénérationnel est une réalité, les enfants sont les éponges des émotions, angoisses ou sentiments de leurs parents de manière complètement inconsciente pour les parents voire grands parents comme pour les enfants. Et lorsqu'il y a traumatisme, comme c'est souvent le cas en période de guerre, ça peut en effet laisser des traces assez tenaces !

attila 02/10/2014 12:06

Ferrari en a traité magistralement avec son "où j'ai laissé mon âme" ....le blessure est encore trop fraîche peut etre pour que la litterature s'en empare sans susciter moultes polemiques ...ou alors la culpabilite et la honte est elle encore trop forte ?

Malika 02/10/2014 12:19

Oui le Ferrari était magnifique, douloureux mais magnifique !!
Oui je pense en effet qu'il y a un souci de conscience dans tout ça ! D'ailleurs les rares romans qui traitent du côté obscur de la France durant la seconde guerre sont d'une part pas si nombreux et sont en tout cas souvent sujet à polémique !!
Il faut peut être encore attendre une génération ... et encore !

sous les galets 02/10/2014 06:58

C'est rare que tu parles de toi dans tes billets Malika. La guerre mondiale a tous les ressors romanesques: pays occupé, résistants courageux, victoire indéniable, etc....Tout est beaucoup plus compliqué en Algérie, c'était une terre de passion que des gens pleurent encore. Bref.

Je note ce titre, car tu sais à quel point je suis attachée aux préhistoires des individus....et le ton vraiment différent de ton billet, me pousse encore plus à m'y pencher.

Belle journée Malika

Malika 02/10/2014 08:26

Oui c'est vrai parler de moi n'est pas ce que je préfère et j'ai d'ailleurs beaucoup hésité avant d'écrire cet article sous cet angle.
Les résistants, les collabos, le pays occupé ... peuvent tout aussi bien créer la trame romanesque d'une histoire qui tournerait autour de la guerre d'Algerie, Arcady y a trouvé une source d'inspiration pour le cinéma ... alors pourquoi la littérature non ou si peu ?!!!

Mind The Gap 01/10/2014 12:10

Je connais ce livre, je ne sais plus où j'en ai entendu parler. C'est en effet un sujet sensible , pas simple à aborder. Visiblement ce titre t'a touchée et tant mieux, c'est ce que l'on attend d'un livre.

Malika 01/10/2014 12:29

C'est vrai que le sujet est sensible et on voit d'ailleurs que le recul n'est pas encore suffisant pour aborder la guerre d'Algérie de manière aussi romanesque que l'est aujourd'hui la seconde guerre mondiale.
J'ai été particulièrement touchée par la regard que l'auteur pose sur son père, très émouvant en effet, ça doit faire écho chez moi je présume .

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