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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 05:05

   

   

 

Probablement le roman le plus personnel de l'auteur, ce retour par l'écriture vers sa terre d'origine le Liban est une magnifique occasion de libérer la parole, de régler les comptes avec le passé et de rendre hommage à ceux qu'il a laissé là-bas.

J'aime Amin Maalouf depuis bien des années, je l'ai découvert avec "Léon l'Africain" et suis tombée sous le charme du prodigieux conteur, de l'homme érudit et brillant et plus encore du citoyen du monde lucide et intelligent.

Son nouveau roman  nous parle de l'exil comme seul un exilé peut en parler, avec toujours ce sens de la mesure et ce raisonnement plein de sagesse propre à cet auteur qui me touche et me nourrit toujours autant.

L'histoire démarre par l'annonce du décès d'un ami ou plutôt d'un ancien ami, resté au pays, alors que notre narrateur, lui, a fait le choix de partir il y a bien longtemps.
C'est à partir de ce retour vers un pays qui l'a déçu et vers des personnages qui ont marqué des années de jeunesse et d'amitié fraternelle, que l'auteur retrace les raisons de son exil et nous plonge dans la vie de chacun de ses amis qui tous racontent le Liban a leur manière pour former ainsi une vision à multiples facettes sur l'orient, la vie, l'amitié et le sens que l'on donne aux choses.

Combien de paragraphes je me suis retenu de recopier, non pas pour la beauté des phrases mais pour le sens qu'Amin Maalouf parvient à donner à des sujets complexes de notre temps : le conflit israélo-palestinien , le rapport à la réussite sociale , la notion de couple, la religion ...
Autant de sujets universels et contemporains, qui  sont abordés à la manière de conversations entre amis bienveillants  et sensibles, et qui résonnent en chacun de nous. 

Une magnifique moment de lecture qui plonge inéluctablement le lecteur dans une douce méditation en refermant le livre.


Le mot de l'éditeur :

Cela fait vingt-cinq ans qu’Adam n’est pas retourné dans son pays natal. Vingt-cinq ans qu’il vit à Paris, où il est un historien reconnu.
Une nuit, il est réveillé par la sonnerie du téléphone. L’appel vient du pays où il est né et où il a grandi. L’un de ses plus proches amis de jeunesse est à l’agonie. Il s’appelle Mourad, et avant de mourir, il voudrait revoir Adam, avec lequel il est brouillé depuis toutes ces années.
Alors, sans réfléchir, Adam prend le premier avion. Après des décennies d’absence, le revoici au pays de ses origines, un pays d’Orient aux montagnes couleur de lait. Ce grand intellectuel qui avait choisi l’exil retrouve soudain les lieux et les gens qu’il avait quittés sans se retourner. Peu à peu, le passé refait surface. Adam se souvient de Naïm, de Bilal, d’Albert et de Ramez, il se souvient des nuits passées à débattre passionnément, il se souvient de la guerre.
Il s’installe chez la belle Sémiramis, et soudain, c’est l’heure du bilan. Que sont-ils tous devenus ? De l’islamiste « fréquentable » à l’ingénieur devenu moine, du magnat des affaires au politicien véreux, les amis de jeunesse ont suivi des voies différentes, et certains d’entre eux ont à présent les mains sales. Que faut-il préférer ? La pureté de l’exil ou l’engagement qui corrompt ? Le courage n’est pas toujours là où l’on croit… L’amour et l’amitié, les idéaux et les compromissions, la politique, le désir, la trahison, c’est à tout cela qu’Adam se confronte au cours de ce voyage, avant de rencontrer son destin…

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commentaires

S
<br /> Mais pour moi, la vision de l'homme telle qu'il l'évoque est passablement désenchantée et sa vision de l'avenir de l'humanité sinon sombre du moins interrogative. Je m'explique. Quand il dit :<br /> "Tous les enfants d'Adam sont des enfants perdus" ou "de la disparition du passé, on se console facilement, c'est de la dispatition de l'avenir qu'on ne se remet pas"... Quand il écrit le XX<br /> siècle a été celui de la religion, le XXI e sicèle sera celui de la régression". Je crois qu'il le pense très profiondément. Certes, il y a les retrouvailles magnifiques et touchantes entre tous<br /> les personnages qui donnent à penser qu'un avenir entre elles mais aussi peut-être entre les trois religions (juive, chrétienne et musulmane) serait possible... Mais justement ces retrouvailles<br /> n'ont pas vraiment lieu. La fin a des allures de parabole : le côté religieux qui aurait pu donner un supplément d'âme aux hommes disparaît dans l'accident et en plus, il plonge le personnage<br /> fondateur dans le coma : "ils disent qu'il restera longtemps entre la vie et la mort avant de basculer d'un côté ou de l'autre"... Pour moi, à travers Adam c'est l'humanité qui reste déboussolée<br /> avec autant d'ombre que de lumière.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br />
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M
<br /> <br /> Tout ce que tu dis est absolument exact et pourtant je n'ai pas ressenti de manière aussi forte ce pessimisme ... ou pour être plus juste ce n'est pas ce que j'ai retenu de ce roman ! C'est un<br /> roman du désenchantement, c'est indéniable mais je n'arrive pas à le percevoir comme sombre ... il faudrait que je le relise pour comprendre pourquoi ! <br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Vous m'aviez bien donné envie de le lire... et je n'ai pas été déçue ! C'est intelligent, humain et les personnages sont attachants. A travers la diversité des choix de vie et des portraits,<br /> l'auteur brosse un portrait complexe des êtres, interdisant tout jugement à l'emporte-pièce. Mais j'ai été vraiment suprise par le dénouement et je n'ai pas trouvé que la méditation qu'il<br /> engendrait sur le devenir de l'humanité soit "douce". <br />
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M
<br /> <br /> Hmmmm !!! Intéressant ce début de polémique Sophie, les douces méditations dans lesquelles Maalouf m'a plongée concernaient davantage la vie et l'Homme dans sa généralité que dans son devenir ...<br /> mais je trouve que ta remarque mérite développement !!!<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> J'espère bien que tu vas le perdre, non de non!<br />
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S
<br /> je n'ai pas perdu le nord!!! mais je pense que je vais perdre le challenge! nom de nom! <br />
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S
<br /> Moi je peux te prêter une boussole!<br />
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S
<br /> mauvaise joueuse!!!<br />
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S
<br /> roooo! non mais c'est extremement rare que ma soeur brigitte lise ce genre de litterature, donc je suis curieuse...tu me le preteras quand meme? apres la soiree shoah, ca me changera!<br />
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M
<br /> <br /> Non !!! T'as qu'à demander à ta soeur !!!!!!!!!!!<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> ma soeur brigitte me dit qu'il faut absooolument que je le lise, tu me le preteras?<br />
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M
<br /> <br /> Ah voilà quand c'est moi tu t'en fou pas mais quand c'est ta soeur !!!!!!  <br /> <br /> <br /> <br />
S
Tu nous l'as bien vendu celui-là. Il fait désormais parti de ma PAL. Maintenant que je sais ce que ça veut dire, je vais abuser de cette abrévation!
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A
<br /> Quel bel article!<br />
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