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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 05:26

 

 

ô combien est importante la première phrase d'un roman !

C'est elle qui donne la clef, le ton, l'envie ...

 

Je vous propose ce petit rendez-vous dominical pour partager encore et toujours notre amour des livres et des mots ...

... l'idée est simple, il s'agit d'écrire l'incipit du roman que vous avez actuellement en main .  

 

 

 

 

 

"Toutes les images disparaitront"

 

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 05:52

 

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 05:55

Dans la catégorie "il n'y a pas que la littérature dans la vie" ...

 

 

... il y a aussi les cafés littéraires du Musée d'Orsay avec

"Les écrivains et les collections".

 

 

Dans le cadre de l'exposition "7 ans de réflexion", qui se tient actuellement à Orsay, le musée a organisé un café littéraire sur le thème de  "Comment la collection au sens large est-elle devenue un objet de discours pour le littérateur ou l'écrivain ? Reflet d'une pratique et d'une passion d'une certaine société et objet de fascination personnelle, elle a inspiré aux écrivains - collectionneurs ou pas - des intrigues et des portraits savoureux, des relevés critiques, et a été jusqu'à modeler formellement la prose de ceux qui se sont laissés prendre par les vertiges de la liste."

 

 

 

 

Vu et adoré !

 

 

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Published by Malika - dans A part ça ...
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 05:14

 

 

" Que d'autres se targuent des pages qu'ils ont écrites ;

moi je suis fier de celles que j'ai lues".

 

 

Jorge Luis Borges

Extrait de L'éloge de l'ombre.

 

 

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:55

 

 

 

Choqué, indigné, attristé, atterré et autres mots en "é", nous sortons tous d'un mercredi pas comme les autres qui nous aura laissés un peu k.o et nous aura rappelés (pour ceux qui l'auraient oublié !), que l'homme est un loup pour l'homme et que nous sommes bien peu de choses ma pauv'dame !!


Alors oui le monde tourne mal et les hommes sont devenus fous et pourtant va tout de même falloir reprendre le cours des choses, à peu près là où nous les avions laissé, parce que - ce n'est pas vous qui me lisez qui me direz le contraire - seule la culture nous sortira de cette merde !

Oui bon ok avec accessoirement un peu d'amour, beaucoup de second degrés et des dirigeants politiques qui  prennent enfin les bonnes décisions ... mais ne nous égarons pas, notre créneau, ici, c'est la littérature !!!

 

Enfin, tout ça pour vous dire quand même que je n'avais pas trop la tête au 3bouquins ces derniers temps et que ce n'est ni "Le square" de Margueritte Duras, ni "Trompe-la-mort'" de Jean Michel Guénassia et encore moins "Bad girl" de Nancy Huston qui m'auront donnée l'envie irrépréssible de reprendre le chemin du blog !!! Non, ceux là je vous en glisserai peut-être deux lignes pour vous dire combien ils ne m'ont "Pas convaincue" ... enfin, on verra,  chaque chose en son temps, chi va piano, va lontano !!

 

Celui qui m'aura donc fait reprendre le clavier, c'est le merveilleux roman de Marie Sizun, La Maison-Guerre.

Nous le savons bien, nous lecteurs assidus, que la rencontre avec un roman tient à d'infimes éléments, le moment, l'humeur, le lieu, la lecture d'avant ...Etc ...

Et là, lire La Maison-guerre, c'était clairement LE moment ! Marie Sizun nous invite avec ce dernier roman à suspendre le temps pour partir à la recherche du temps perdu ... Oui l'ombre de ce cher Marcel plâne indubitablement sur ce roman, et suspendre le temps, c'était bien ce qu'il me fallait, là tout de suite !

L'incipit de La Maison-Guerre est déjà une invitation à partir pour ce doux voyage qu'on appelle la mémoire et dans lequel comme Marie Sizun j'aime me réfugier. 

"Quand je suis fatiguée d'ici, des gens et des choses d'ici, c'est là-bas que je retourne. A là maison. Cette maison qui n'existe pas, qui n'existe plus."

Univers Proustien, vous disais-je, avec ses madeleines qui ne tiennent à rien et qui sont pourtant les trésors de l'enfance, avec la grande tante qui mériterait un roman pour elle seule, avec la mère dont on attend tout, qui est tout et dont le manque est une blessure dont on ne guérrit jamais, et puis bien sûr la maison avec ses odeurs, son escalier sombre, son poste de radio et tout un monde qui se créé et qui est celui de la magie et de la solitude de l'enfance.

Roman, dont je ne sais s'il est autobiographique, et pourtant le ton est si juste, le chagrin si perceptible et les souvenirs si puissants que je ne peux croire à une fiction. 

Nous sommes en 1944, lorsque Marie qui a 4 ans est conduite par sa mère dans une maison loin de Paris, une grande et belle maison dans laquelle elle sera à l'abri, confiée à de vieilles parentes.

Merveilleux roman sur l'enfance car c'est à travers la perception de la petite Marie qui se souvient que nous prenons la mesure d'une violence souvent muette, d'une période faite de non-dits, de honte, de culpabilité, d'un monde qui s'écroule et dans lequel Marie va se construire avec sa troublante vérité, ses petits bonheurs faits de rien et la résilience d'une maison, tel un refuge, dans laquelle elle reviendra puiser des forces tout au long de sa vie.

 

Voilà comme Marie Sizun j'aime me rappeler que lorsque c'est trop moche dehors, il y a toujours la possibilité de "ce jeu, délicieux et cruel, les véritables jeux ne le sont ils pas ? On peut le pratiquer partout, dans la foule du métro, ou prisonnier d'un long voyage en train, ou quand, au coeur de la nuit, on se réveille, dans l'étonnement triste de sa vie. Alors, on s'en va, on retourne à la maison. La sienne. La maison secrète. Chacun en a une."  

 

Et puis puisqu'on parle de mémoire, ce roman nous rappelle aussi un certain devoir qu'il ne faudrait pas oublier, le devoir de mémoire aux noms de ceux que nous pleurons encore, victimes de la barbarie et de la terreur subies par un parti d'extrême-droite, devoir de mémoire d'autant plus d'actualité que "le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde." 

 

Force est de constater que le roman refermé, c'est toujours aussi moche dehors !!!

Mais c'est là tout le pouvoir de la littérature, un roman refermé, on peut en ouvrir un autre ... et l'élève m'a clairement donnée envie de suspendre un peu plus le temps avec le maître ... Ne bouge pas Marcel, j'arrive ... 

 

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 17:51

Cercle spécial "L'adieu à la littérature" d'après William Marx

 

Mrs Dalloway - VIRGINIA WOOLFLe Procès - FRANZ KAFKAD'un château l'autre - LOUIS-F CELINE

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Le procès de Kafka

La peste d'Albert Camus

D'un château à l'autre de Louis Ferdinand Céline


L'amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

Les Cloches de Bâles d'Aragon

A la recherche du temps perdu : Du côté de chez Swann de Marcel Proust

Le Docteur Pascal d'Emile Zola

 

Le Docteur Pascal - EMILE ZOLAPeste - ALBERT CAMUS

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 15:48

... En fait non pas tant que ça d'ailleurs !!

Et pourtant la rentrée littéraire d'hiver annonce quelques 549 nouveaux romans sortis en ce début d'année ...

Petit tour d'horizon de ce que je compte bien lire :

 

 

 

 

Et pour vous, ce sera quoi ?

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Published by Malika - dans Fourre Tout...
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 15:06

 

 

Une fois n'est pas coutume, on m'a offert un livre !!!

 

Oui je sais c'est un comble pour une lectrice aussi insatiable que je le suis, mais que voulez-vous, le monde est mal fait !

Alors que le livre est mon objet préféré, la lecture, ma nourriture quotidienne et la littérature ma passion absolue ... pas le moindre livre sous le sapin depuis au moins 3 ans, rien pour mes anniv' (euh, oui c'est le 26 janvier !!), ni même pour le plaisir de faire plaisir ... non rien, nada, quedchi !!! Il paraitrait que j'en ai trop !!! Pffffff ! Balivernes !

 

Bien que je refuse tout partenariat avec les maisons d'édition, restant convaincue qu'il n'y a pas de liberté d'expression sans indépendance, voilà que Priceminister m'a généreusement envoyée le dernier Olivier Adam dans le cadre du match de la rentrée littéraire 2014.

Il était temps pour moi de rendre ma copie, vu que demain c'est déjà 2015, mais voilà ce cadeau fut pour moi une sorte de cas de conscience qui n'a pas rendu ma tâche des plus simples.

 

Et oui, qui dit cadeau dit (en général) merci, super ou ce genre de formules d'enthousiasme et de reconnaissance, mais voilà je me suis dit que je vous devais la vérité (bon la mienne bien sûr, parce que celles des autres vous la trouverez ailleurs, hein !), on ne s'est jamais menti et ce n'est pas la gratuité du dit roman qui allait me faire basculer du côté obscur de l'hypocrisie et des bonnes manières.

 

Alors voilà, de deux choses l'une, soit mes goûts littéraires ont sérieusement évolués (et en effet, pourquoi pas ?), soit l'inspiration d'Olivier Adam est sévèrement en berne !

 

Et croyez bien que j'ai d'autant plus de mal à vous le dire que j'étais une inconditionnelle de l'auteur il y a encore deux rentrées littéraires de cela !

Alors que j'étais prête à classer Les lisières dans la catégorie "dérapage-malheureux-que-tout-écrivain-peut connaitre", voici qu'Olivier Adam récidive avec Peine perdue ... et là je dis attention !!! D'autres se sont retrouvés blacklistés pour moins que cela, Olivier, ressaisis toi, autrement nous deux ça va mal finir !

 

Autant vous le dire, j'ai bien failli refermer le roman au bout de 20 pages, n'en pouvant plus de ces libertés avec la ponctuation et la grammaire, très en vogue chez nos auteurs français. Ras le bol de ces phrases sans verbe ou sans sujet, de ces virgules optionnelles, ça frôle parfois le ridicule et ça masque souvent la misère d'un style qui n'en a aucun ! Et cela m'a d'autant plus agacée ici, qu'Olivier Adam ne m'avait pas habituée à cela et que ça présageait d'un roman très moyen ...

Et puis les personnages ont commencé à prendre corps, et c'est probablement le grand talent de l'auteur, de savoir donner vie aux êtres malmenés par la vie, un peu brinquebalants mais souvent dotés d'une force et d'un courage très touchants ... seulement voilà cela ne suffit pas à faire un roman ! Parce que Peine perdue n'est finalement que ça, une succession de vingt et quelques portraits liés par un fil si mince qu'il faut parfois le chercher, avec tout de même deux dénominateurs communs, faire partie de la France des laissés pour compte et vivre sur la Côte d'Azur ... et mieux vous prévenir, pour Olivier Adam, la misère n'est pas moins pénible au soleil !!!

 

J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles plus qu'un roman, l'intrigue n'est que prétexte à faire entrer sur la scène un nouvel acteur toujours sur le mode "c'est dur pour tout le monde" et puis les personnages ont beau être attachants, au bout du dixième ça devient lassant, l'ennui arrive page 75, s'installe page 120 et c'est foutu pour les 280 restantes !

 

Voilà, je comprendrais que Priceminister sélectionne un autre blog plus conciliant que le mien l'année prochaine, mais quand même il fallait bien que quelqu'un lui dise à Olivier Adam, que ses lecteurs assidus se demandent s'il n'aurait pas un peu perdu la flamme, qu'il faudrait peut-être qu'il retourne en Bretagne la chercher, et puis qu'il sache qu'il n'est jamais aussi profond et touchant que lorsqu'il nous parle de fratrie, d'absence et de deuil, et si malgré cela l'inspiration ne vient toujours pas, qu'on lui dise alors qu'un grand écrivain se reconnait aux  nombres de pages qu'il ne publie pas.

 

 

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 05:23

Je ne vais pas vous mentir, Charlotte ne faisait clairement pas partie des romans de la rentrée que je comptais lire.

 

Non, parce que moi je l'aimais plutôt bien Foenkinos avant. Son petit côté léger, sympathique, son regard assez juste sur les choses et un style ma foi pas déplaisant du tout.  

Mais ça c'était avant !

Avant Je vais mieux, ou le récit d'un mal de dos !! Le roman de notre rupture ! Et comme je suis du genre rancunière, je pensais vraiment que Foenkinos ne franchirait plus jamais le seuil de ma bibliothèque ...

 

Et puis voilà, Pat de Mind the Gap est arrivé, ému et tout chamboulé, criant à qui voulait l'entendre que le dernier Foenkinos était une petite pépite ! 

Alors j'ai mis ma rancune de côté (oui je sais le faire aussi !), et poussée par la curiosité, j'ai acheté Charlotte !

 

Les drames et les tragédies offrent toujours la plus fabuleuse des trames romanesques et ce n'est pas moi qui affectionne particulièrement la littérature du chagrin qui vous dirais le contraire.

Avec Charlotte, on y est !
Les traumatismes liés à la shoah hantent la littérature depuis plus d'un demi-siècle, et on ne compte plus le nombre de romans bouleversants qui ont mis en scène la mort et la douleur infinie du deuil.

Foenkinos qui nous avait habitué à plus de légèreté, est ici grave, profond, et extrêmement touchant, et ce n'est jamais gagné d'avance d'aborder ce genre de thématique sans tomber dans les clichés et le larmoyant. Et pourtant là, rien de cela !

Pour moi la réussite de ce roman tient à plusieurs raisons,

Tout d'abord Foenkinos tient un vrai sujet, l'histoire incroyable d'une famille maudite. 

Parce qu'au delà de Charlotte, petite fille et dernière descendante de cette famille, il y a une destinée familiale absolument fascinante pour qui croit en ces hasards qui n'en sont pas, à l'idée même de malédiction et au pouvoir tragique de l'inconscient transgénérationnelle.

Tout ça c'est la faute à la Providence, aurait dit le Papet ! Oui certainement, néanmoins personne ne veut croire à la fatalité, cette force obscure qui voudrait nous faire croire que les dés sont pipés d'avance et lire Charlotte, c'est admettre la faille dans nos certitudes bien rationnelles et rassurantes.

 

Ensuite, mais seulement ensuite pour moi, il y a Charlotte, artiste peintre que l'on suit durant sa très courte vie, marquée par le malheur familial et par la barbarie nazie. Charlotte est juive, allemande et artiste, et malgré son courage, sa jeunesse et sa force intérieure, on sait que tout ça va mal se terminer pour elle.

Foenkinos ne cache pas son obsession et sa fascination pour ce personnage bouleversant et ça donne souvent des romans touchants lorsque les auteurs aiment à ce point leur personnage. On le sent d'ailleurs intimidé et encore troublé par Charlotte Salomon, ce qui crée une écriture pudique mais qui aura hélas mis une certaine distance entre Charlotte et moi. 


Et puis enfin bien sûr, pas de roman sans le contexte historique qui fait la dramaturgie de cette histoire. Oui 75 ans après le IIIe Reich, nos auteurs contemporains, qui n'ont pourtant pas vécu cette guerre là, racontent encore et toujours, ces terrible et effroyables pages de la Shoah.  Alors évidemment, on peut se dire "un de plus" et pourtant non on ne se le dit pas.

Probablement parce qu'il y a une vraie sincérité de l'auteur, une honnêteté dans la création et dans la nécessité de raconter cette histoire là, que l'angle du vue est assez différent et qu'on y apprend finalement encore des choses sur cette période.
 

Foenkinos parvient à faire se côtoyer le nazi, dans ce qu'il a de plus abjecte et inhumain, et le Juste, dont le courage et l'insoumission face à la barbarie m'émeut toujours autant, avec beaucoup de pudeur, d'émotion et de puissance narrative, alors même qu'il ne dit finalement pas grand chose, et j'ai particulièrement aimé cette retenue là. 

 

On a beaucoup parlé de la forme de ce roman faite de courtes phrases et visuellement très poétique. Bon, je dirais que oui c'est un peu particulier, suffisamment pour faire parler les bavards mais certainement pas assez pour qu'on ne retienne que cela de Charlotte. L'intérêt du roman n'est clairement pas là, ce serait même presque anecdotique pour moi.

 

Alors voilà, peut-être pas un très grand roman mais un bon roman sans aucun doute, et puis surtout Foenkinos est moi sommes réconciliés, et ça c'est plutôt une bonne nouvelle, non ?

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:45

 

A l'heure où la blogosphère connait quelques séismes, j'ai moi-même bien failli laisser Les 3 bouquins enseveli sous une tonne de gravas. 

Et oui, qui n'a jamais tenté cette étrange aventure bloguesque ne peut s'imaginer la place qu'elle finit par occuper dans l'existence de chaque blogueur, et l'envie inéluctable qui se présente forcément à un moment de vouloir tout balancer, de préférence de manière brutale et irréversible !

 

Et puis je me suis souvenue ...

d'un désaccord passionnant avec une certaine Attila  sur "Voyage au bout de la nuit" et de l'importance que nos discussions littéraires ont pris pour moi depuis, 

de la nécessité d'écrire un billet après une lecture comme pour accoucher de tout ce qui avait bouillonné à l'intérieur pendant des jours,

de ces petits échanges qui enrichissent la lecture et font en sorte qu'elle ne soit jamais vraiment terminée,  

et puis bien sûr de la découverte de livres que je n'aurais jamais lu sans Les 3bouquins, je ne compte plus les chemins livresques qu'Attila m'a fait prendre (parfois à mes risques et périls) et puis là dernièrement ...

 

C'est à Galéa que je dois la fabuleuse découverte d'Aurélien d'Aragon. Alors merci, merci et encore merci Galinette, curieusement je n'avais jamais entendu parler de ce roman avant toi. 

Moi qui ne suis pas une grande lectrice de roman d'amour, j'ai dévoré celui-ci, parce qu'il casse tous les codes, nous épargne tous les clichés et au final nous parle d'amour comme peu l'on fait.

_"D'abord, qu'est ce que c'est que l'amour" ?

_ C'est pas des questions. On aime ou on n'aime pas ...

_ Tout de même, si on se trompait ... s'il n'y avait pas d'amour"

 

Aragon écrit avec Aurélien un roman sur l'impossibilité du couple,  sur ces histoires d'amour qui finissent mal en général, il n'y a pas d'amour heureux écrivait Aragon et le roman brille de ce constat là, mais rien de nouveau à l'ouest me direz vous puisque les plus grands romans d'amour sont toujours des tragédies. 

Oui et pourtant Aurélien c'est autre chose !

Parce que si  Aurélien est un roman sur l'amour ou la quête de l'amour idéal, Aragon prend le parti de l'inscrire dans le réel (sans rien idéaliser) et dans un mouvement littéraire surréaliste (qui s'attache aux pensées et aux impressions des personnages et non aux descriptions détaillées des faits) et c'est ce qui frappe dans ce roman. La finesse psychologique, la justesse des sentiments, le caractère des personnages qui n'ont rien de commun avec ces héros romantiques fort, courageux, beaux et tout droit sorti d'un monde idéalisé auquel on peut rêver mais difficilement s'identifier, imaginez un peu une histoire d'amour dont l'héroïne n'est même pas un canon de beauté !!

 

Et puis Aurélien n'est pas seulement une histoire d'amour puisque qu'Aragon a coutume d'inscrire la petite histoire dans la grande, c'est aussi le roman d'une époque à travers ce jeune homme qui rentre de la Grande Guerre et qui ne se sent plus à sa place dans la société, dans sa vie; et dans la quête de l'amour, il y a aussi la quête de soi au travers de ces années folles et jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

Et bien sûr il y a Paris, presque un personnage à part entière, dont on sent l'amour inconditionnel de l'auteur pour cette ville qu'il a dû fuir pendant la guerre et qui a dû terriblement lui manquer.  Paris vu et raconté par Aragon c'est un pur bonheur pour qui aime la ville lumière autant que moi.

 

Et évidemment il y est aussi question de l'art, tous les grands artistes de l'époque sont présents avec quelques anecdotes savoureuses, un regard aiguisé sur la littérature, l'omniprésence de la peinture et des figures mythiques allant de Picasso à Cocteau en passant par Gide .

 

Et puis surtout Aurélien est un grand roman au style élégant qui offre de multiples niveaux de lecture, selon son âge, son vécu, son érudition, son attachement plus ou moins fort à Aragon ... Autrement dit un roman dont je sais déjà qu'il a encore beaucoup de choses à m'offrir lorsque le moment sera venu de le relire.

 

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