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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 05:03

L'Opéra de quat'sous de Brecht

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Brecht ? Vous connaissez ? ...

Eh bien moi, pas ! Enfin, jusqu'à dimanche dernier ...

 

C'est en compagnie de Lilia et Sophie que je me suis rendue à La Comédie Française pour voir cette pièce-opéra, sans trop savoir ce qui m'attendait, le titre et l'auteur, aussi célèbre l'un que l'autre ayant eu raison de ma curiosité .

 

Et alors que tout était rassemblé pour ne pas me séduire ...

des décors et des costumes contemporains reflètant un univers sordide ...

des personnages sortis tout droit des bas-fonds de Londres : prostitués, voyous, escrocs ...

Enfin, un texte qui se veut moralisateur et anticapitaliste ...

...   contre toute attente je fus emballée !!

 

Comme quoi, quand le talent et la grâce sont là, tout est possible !

Le talent bien sûr de l'auteur allemand qui ne se contente pas de nous faire comprendre que "L'homme est un loup pour l'homme" ou mieux encore  que "La bouffe vient d'abord, la morale ensuite", mais qui le fait avec humour et grandiloquence.

Brecht utilise un humour corrosif habilement dosé mais surtout il crée un espace de jeux dans lequel les acteurs deviennent spectateurs et les spectateurs sont interpellés par les acteurs, ce procédé de mise en scène dit de "distancion" invite la salle à s'interroger sur la grande mascarade qu'est le monde, que l'on soit acteur ou spectateur. 

Le style est d'autant plus novateur que la pièce fut crée en 1928, et elle fonctionne toujours de manière très forte, jugez en plutôt par cette question posée au public : « Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui en fonde une ? ».

 

La grâce aussi, des acteurs-chanteurs qui interprètent un très beau répertoire et parviennent magnifiquement à mêler l'opéra à la comédie. Et puis bien sûr, tout le savoir faire et l'intelligence de La Comédie Française qui a réussi à me faire aimer une pièce qui avait toutes les chances de me déplaire pourtant.

 

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 04:49

La fille secrète de Shilpi Somaya Gowda 

 

 

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Ce roman nous a été proposé ce mois-ci par Gunilla.

Je n'avais pas vraiment dans l'idée de le lire, et puis La Griffe noire m'a convaincue du contraire ...

 

La fille secrète nous raconte l'histoire de deux familles aux antipodes l'une de l'autre dont les destins n'auraient jamais dû se croiser ...

C'est l'histoire douloureuse de la natalité en Inde et du choix meurtrier et injuste auquel des couples sont confrontés : sacrifier leurs filles pour ne pas mourir de faim.

C'est l'histoire de ces couples occidentaux qui souffrent de ne pouvoir avoir des enfants et qui ont recours à l'adoption dans des pays pauvres et déséspérés.

Et c'est bien sûr un roman sur la recherche de son identité quand on est un enfant adopté.

 

Voilà de quoi donner un roman fort, intense, profond et sensible ...

Sauf que l'auteur a choisi d'en faire un roman assez tiède et convenu, en effet, le sujet reste très intéressant mais l'émotion et la réflexion n'ont pas vraiment été au rendez-vous lors de ma lecture.

 

Je qualifierai ce roman de "lecture de plage" (... c'est de saison !!), facile et agréable à lire sans être niais et dénué d'interêt .

 

 

Le mot de l'éditeur :

Au début, il y a eu deux couples, qu'a priori tout séparait : d'abord Kavita et Jasu, deux pauvres paysans indiens pour qui la naissance d'une fille est une catastrophe, au point que, la mort dans l'âme, la jeune mère confie son bébé à un orphelinat. Ensuite, de l'autre côté de la terre, aux Etats-Unis, il y a Somer et Krishnan, médecins tous les deux, elle américaine, lui indien, qui ne peuvent pas avoir d'enfant. Ils vont donc décider d'adopter une petite fille en Inde - qui sera celle de Kavita. A Asha, si jolie, si gâtée, ils vont donner amour, excellente éducation, avenir. Mais celle-ci va vouloir un jour connaître ses origines, ses racines. Sa quête ne sera pas facile...

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 04:40

 

 

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Je m'y serais reprise à trois fois pour lire ce roman ... !!!

Un je-ne-sais-quoi me poussait à ne pas lâcher, à persévérer, ça ne pouvait pas être aussi insipide et "cafouilleux" que ça !!!

 

Et à la 3ème reprise, le déclic est arrivé et je ne l'ai plus lâché ...

Parcours de lecture atypique pour un roman qui l'est tout autant !

 

Tout d'abord c'est un récit de 212 pages sans chapitre ni saut de page, de quoi s'essouffler !

C'est ensuite une succession de personnages féminins qui se succèdent, on passe de l'une à l'autre sans véritable transition, de quoi perdre le fil, et je l'ai souvent perdu !!

Enfin, Siri Hustvedt mélange des réflexions, des scènes de vie, des poèmes et autres références littéraires et cela donne un roman très singulier.

 

Mia, poétesse d'une quarantaine d'année, se voit quittée par son mari pour une plus jeune qu'elle. C'est un véritable choc pour elle qui la conduit à s'interroger sur elle et sur les autres femmes. Elle s'investit dans un cours de poésie qui va lui permettre une introspection sur ce qu'elle traverse et une ouverture sur les autres.

 

Loin de partager l'enthousiasme assez général pour ce roman, je ne regrette pas ma ténacité pour certains jolis passages et pour certaines remarques assez pertinentes .

 

"Mais avant d'en arriver là, je veux vous dire, Gentil Lecteur, que si vous êtes ici avec moi maintenant, sur cette page, je veux dire : si vous avez atteint ce paragraphe, si vous n'avez pas renoncé, ne m'avez pas envoyée, moi, Mia, valdinguer à l'autre bout de la pièce ou même si vous l'avez fait, mais vous êtes demandé s'il ne se pourrait pas que quelque chose se passe bientôt et m'avez reprise et êtes encore en train de lire, je voudrais tendre les bras vers vous et prendre votre visage à deux mains et vous couvrir de baisers [...]"

 

C'est à la lecture de ce passage, page 112, que je me suis dis " vas y accroche toi et ne le lâche plus" ... pas tant pour le baiser promis mais parce qu'elle a commencé à m'intéresser à ce moment précis !

 

 

 

Le mot de l'éditeur :

Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia quitte brusquement New York pour se rendre dans le Minnesota et se réfugier quelque temps auprès de sa mère octogénaire. Parcours d'une femme blessée en forme de "lecture de soi" et d'inattendue épiphanie personnelle, ce roman solaire – féministe au meilleur sens du terme – irradie d'une énergie aussi rebelle que stimulante.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 05:23

 

Le signal de Ron Carlson

 

 

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Dans la catégorie "roman au grand air", que d'autres appellent "nature writing", j'ai lu "Le signal" de Ron Carlson ...

 

Une étiquette qui ne trompe pas son lecteur, puisque nous sommes immergés dans les magnifiques montagnes du Wyoming sur plus de 200 pages ... de quoi s'oxygéner !

On y parle en vrac et dans le désordre : de randonnées, de pêches à la ligne, de grands espaces, d'élan, d'ours, de feux de camp et de sacs de couchage ...

 

Mais quand on a dit ça, on n'a encore rien dit, car on peut aussi aimer ce roman : 

Pour l'histoire malchanceuse et malheureuse d'un homme qui prend de mauvais chemins et fait de mauvais choix, et tous les messages que cela véhicule .

Mais aussi pour l'histoire d'amour d'un couple qui traverse des intempéries et fait face aux turbulences.

Et enfin, pour le suspense et l'action très hollywoodien, ce roman serait prochainement adapté au cinéma que ça ne me surprendrait pas !

 

Un bon roman donc, qui plaira à un grand nombre pour différentes raisons.

 

Mais je me dois, tout de même, de contrebalancer certains avis lu ici ou là : 

Celui de La Griffe Noire pour commencer, qui invite tout lecteur ayant adoré "Sukkwan Island" à lire "Le signal". Mise à part la catégorie "nature writing" qui les définit, la comparaison s'arrête vraiment là pour moi !!!  

Quant au Washington Post, je dirais que non ce roman ne m'a pas emporté comme une avalanche, c'est un bon roman mais rien de "décoiffant" tout de même !

Et enfin, je me demande si The New York Times a vraiment lu ce roman, car non le suspense ne m'a pas coupé le souffle ... et j'ai du mal à concevoir qu'il l'ait coupé à qui que ce soit d'ailleurs !!!

 

En résumé, un bon livre mais ne vous fiez pas aux avis trop dithyrambiques, vous risqueriez d'être déçu !

 

 

 

Le mot de l'éditeur :

 Au matin, ils se mirent en route. La piste était sèche, la pente douce jonchée de feuilles de tremble jaunies, et la fraîcheur et le silence bruissaient dans l’immensité du ciel. Ils marchèrent comme ils avaient toujours marché lors de leurs expéditions, elle devant, lui derrière, lents et réguliers. Ils ne s’étaient que peu parlé la nuit précédente, surtout pour se conformer à une promesse qu’il avait gravée dans la pierre des montagnes : rester léger et sur la réserve, sans se mettre en boule, sans se laisser atteindre. Chaque jour depuis qu’il avait quitté la prison avait été une leçon de plus dans sa reconstruction, et il ne voulait pas perdre ça. Elle était là ; c’était suffisant. Ils n’étaient plus mariés. Elle était venue pour lui faire plaisir. Il ne se ferait pas d’illusions ; il n’avait d’ailleurs aucune illusion à se faire. ‘‘Tu es un cas désespéré, mon garçon.”. » C’est donc pour se dire adieu que Mack et Vonnie partent une dernière fois camper dans les montagnes du Wyoming. Mack, en outre, exécute une mission douteuse : retrouver une mystérieuse balise égarée. Rien ne va se dérouler comme prévu. L’angoisse semble tapie dans les moindres buissons. Oscillant entre néoréalisme engagé et réalisme fantastique, fort d’une langue savoureuse, riche en relief et en couleurs, Ron Carlson excelle dans l’opposition de deux mondes. Equilibrant admirablement les descriptions d’une nature sauvage et un suspense haletant, fertile en images inédites, Le signal est un roman diaboliquement envoûtant.

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 05:52

Guess what ??

Boulie's speaking...

 

De retour, après un silence prolongé.

J'vous ai manqué ?

Nan ? J'me doute, c'est pas très urbain ça, oui mais c'est l'jeu ma bonne Lucette !

Pas d'bras : pas d'chocolat... Pas de posts et on t'oublie...

 

Bon.

Un peu de sérieux, on y va, parlons du "Choeur des femmes" de Martin Winckler ?

 

Le pitch :

Wincler_femmes.jpgJe m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

 

Mon point de vue :

Premier livre de cet auteur et aucun à-priori ni sur le sujet ni sur le personnage. Et je dois dire qu'au final, je me suis régalée...

C'est le livre "coussin chaud" par excellence. Celui qui vous fait du bien, qui vous conforte, qui vous remonte le moral... Celui qui vous fait sourire, qui vous raconte une belle histoire, qui est plein d'espoir, qui vous balance une situation tordue mais avec la solution qui va avec...

J'ai lu les 680 pages -comme une fleur- au rythme des épisodes de Dr House.

Le livre est écrit comme une bonne série d'ailleurs !

On le commence et l'effet addictif est immédiat. Il faut continuer, aller plus loin, accompagner Franz, clouer le bec de Jean...

J'ai bien aimé ces personnages (ainsi que tous ceux qui gravitent autour d'eux), leur relation, leur proximité/complicité, ce qu'ils s'apportent respectivement tout le long de ce livre. Ce 'vieux' Maître et son élève qui serait passée à côté de son don sans son éducation.

Il y a beaucoup de messages, pas mal de dénonciations (en terme de comportements inadmissibles), de vraies convictions... Bref, on sent ce Martin Winckler très investi, ardent défenseur du corps des femmes, qui prend autant soin de l'esprit que de l'organe reproducteur...

C'est un livre de femmes, on s'y retrouve toutes, à un moment donné ou à un autre une situation similaire résonne...

Sans être de la grande littérature, j'aime assez ces livres qui insufflent une goutte de potion magique et filent la patate le temps d'une lecture.

A la question histoire vs style ?

C'est l'histoire bien entendu qui prend largement l'ascendant mais elle n'est pas mal servie non plus... Soyons honnête, j'ai lu pire en terme d'écriture (et sans histoire) : c'est dire !!

Alors, si vous avez besoin d'un livre punchy et plein d'ondes positives rejoignez l'hôpital du Dr Karma et embarquez pour un voyage à Tourmens...

 

Extrait :

guillemet  Quand on pose des questions, on n'obtient que des réponses.

 

 

Et n'oubliez pas de revenir dire ce que vous en avez pensé !

Merci

 


 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 06:16

 

Féroces de Robert Goolrick

 

 

Féroces

 

 

Il y a des romans qu'on aimerait ne jamais avoir lu ...

Féroces est de ceux là .

 

Et pourtant quel roman !! Robert Goolrick frôle le chef d'oeuvre avec ce récit d'une intensité, d'une émotion et d'une profondeur assez vertigineuses. L'écriture est puissante et juste et la construction de son roman est d'une maîtrise incroyable, quant à la narration, elle est captivante, bouleversante et intelligente.

 

Oui, tout y est ...

Seulement "Féroces" est un mot faible pour décrire l'horreur qui est au coeur du livre. Nous avons tous un seuil de tolérance à l'immondice, à l'insoutenable et à la cruauté, le mien n'a pas pu dépasser la page 191.

 

Robert Goolrick nous dépeint une famille et nous amène à entrevoir les failles et les blessures qui se profilent, et très vite nous laisse imaginer un drame, une atrocité qui a dû se passer au sein même du foyer dont on attend tout, l'amour, la protection, la confiance ... Notre tension monte, on commence à redouter le pire, mais peut-on se préparer au pire ? Pour moi, la lecture n'a pu reprendre qu'à la page 237 ... 

 

Vous voilà prévenue !!! Je ne l'étais pas ...

 

 

 

Le mot de l'éditeur :

Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient
au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient Féroces. Comparé à William Styronet Flannery O'Connor, Robert Goolrick a créé avec son premier roman, Féroces, un de profundis sudiste, dans lequel un fils ne survit pas tout à fait aux crimes du père, même quand il piétine sa tombe avec des chaussures anglaises.

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 05:36

J'aime l'Italie...

Rien d'autre à expliquer quant au choix de ce livre !

 

Le pitch :

chaoscalmePietro Palladini est immobile, Dans l'œil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l'école de sa fille à Milan. Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n'est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l'étreindre, partager ce temps suspendu, ce "chaos calme" où il se réfugie désormais. Une jolie fille qui promène son chien, les collègues de travail à la veille d'une fusion financière sans précédent, un frère fumeur d'opium, une belle-sœur qui se dénude en pleine crise de nerfs, une milliardaire érotisée, tous perdent à un moment leur calme, leur dignité, leurs masques. Tous renoncent à la comédie sociale. Sur cette situation digne d'un Beckett loufoque. Sandre Veronesi construit un roman polyphonique, livre de la maturité, émouvant, ample, magistralement tissé : le mélange de l'intime dans ce qu'il a de plus vibrant et du réel dans ce qu'il a de plus dérangeant.

 

Mon point de vue :

Je dois bien avouer que ce bouquin m'a laissé un arrière goût de quelque chose mais je ne sais pas bien quoi !...

Je n'ai pas été embarquée sur la totalité du livre, voire j'ai carrément sauté des pages tellement cela m'était pénible... Fait rarissime !!

Ou à l'inverse je dévorais le chapitre car tout y était tellement vrai.

Bref, un drôle de bouquin qui m'a séduite, car l'impression globale est très positive et notamment :

> par son lieu -l'Italie, Milan- spécialement son début de déroulé (car c'est la Toscane de mes vacances, exactement le même endroit : Roccamare, Castiglione de Pescaia),

> son thème (comment un père abandonne tout pour se consacrer à son unique enfant après la perte de sa femme),

> son audace (ou comment la désociabilisation vous guette dès que vous sortez des sentiers battus),

> sa psychologie et ses sentiments (ou comment ce père s'étonne du comportement de son entourage...),

... et en même temps un bouquin qui m'a agacée je crois...

Un bouquin très masculin en fait, c'est peut-être pour ça que ce goût laissé qui n'est pas totalement définissable !

 

Faites-vous votre propre religion !

 

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 05:41

Comment ne pas vous faire partager un vrai coup de coeur ?...

 

Lu en peu genre 'entre deux', sur le mode 'petit livre pas trop lourd que je glisse dans mon sac pour tous les moments perdus' (salle d'attente, déjeuner de sauvage au bureau -aka me faites pas chier suer : je lis !-, trajet en transport etc...), et... comme souvent ce geste d'une banalité crasse a amené une petite pépite de lecture.

Le style de rencontre qui vous arrive par hasard au moment où vous vous y attendez le moins....

 

Ca a été le cas de : "Novecento : pianiste" d'Alessandro Baricco

 

Novecento.jpgLe pitch :

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.

Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

 

Mon point de vue :

Un vrai régal...

Je reviens d'une traversée outre atlantique bercée par le jazz de Jelly Roll Morton et l'extraordinaire histoire de Novecento : pianiste, lui aussi...

Sauf que lui, Novecento, il est né dedans...

Dans le piano, comme qui dirait mais surtout dans/sur l'océan !

Abandonné alors qu'il est nourrisson sur le piano des premières classes du 'Virginian' et adopté par la force des choses par le... pianiste !

Toute l'histoire de son prénom est unique, et rien que pour cela, il faut lire ce livre...

Mais pas que pour ça, bien-sûr...

... aussi pour la mort de son père adoptif...

... et aussi pour son duel avec Jelly Roll Morton...

... et aussi pour l'amitié entre ce pianiste et ce trompettiste...

... et aussi..........

Bref, l'histoire de Novecento est poignante, émouvante, drôle, triste, grave...

Et si je découvre le talent d'Alessandro Barico, je n'en découvre pas moins un style assez étonnant ou l'usage de la 2ème personne du singulier pour s'adresser au lecteur...

Assez inusuel je dois dire, mais pas désagréable. Cela confère au récit une sorte de familiarité telle que l'auteur a voulu la donner à ses personnages (une gouaille des années 30 et je retiendrais le "au cul la loi" du père de Novecento...).

Si à cela on ajoute, un récit vif et enlevé sans temps mort ni mots inutiles, une passion musicale entre chaque ligne, on obtient cette fameuse pépite !

Mon bémol : le récit est construit à la façon d'une pièce de théâtre, ce qui sans être gênant ne m'est pas apparu comme essentile...

A part cela : un GRAND sans faute, et surtout un GRAND BRAVISSIMO !!!

 

Un extrait :

guillemet

"Ce n'était pas une de ces personnes dont tu te demandes toujours est-ce qu'il est heureux, ce type là. C'était Novecento, point. Il ne te faisait pas venir à l'esprit l'idée du bonheur, ou de la souffrance. Il avait l'air au-dessus de tout, il avait l'air intouchable. Lui, et sa musique : le reste, ça comptait pas."

 

 

C'était le quart d'heure musical (je passe sans complexe du "Violon noir" de Fermine au "pianiste : Novecento" de Baricco) et alors du duel :  Fermine/Baricco ?

 

Et bien, c'est l'Italie qui monte sur le podium :

Baricco gagnant !

 

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 06:20

9782264048677Quand Framboise a proposé ce titre pour notre Cercle de décembre, ma première réaction a été "oh, l'Inde ...mouais bof !!!"...autant dire que ça ne m'inspirait guère !!

Et puis, j'ai lu le résumé qui parlait d'un homme qui refuse de suivre le mouvement, qui n'admet pas de vivre en cage et qui va y parvenir ...Insoumission, liberté, choix : autant de mots dont la seule résonance m'interpelle, j'ai donc lu Le tigre blanc.

 

Et alors, quel pays, quelle époque et quelle histoire !!

Aravind Adiga nous raconte le récit d'un homme hors du commun d'où son surnom de tigre blanc, le destin d'un homme qui ne voulait plus subir sa vie mais la choisir, d'un homme qui voulait être libre ...Mais quand on sait que l'histoire se passe dans un pays régit par la dictature des castes ... on sait déjà que ça ne va pas être simple pour notre héros !

 

La force de ce roman réside dans cette histoire immorale, audacieuse et subversive écrite de manière très sarcastique, insolente voire dérangeante ... Notons que pour un pays qui manque de liberté, les auteurs, semble-t-il, ont la totale liberté d'expression ...

La faiblesse de ce roman est dans le choix du mode de narration , la forme épistolaire (le tigre blanc raconte son histoire au ministre chinois à travers des lettres) dessert un peu la force et l'intensité du récit, mais malgré quelques petites longueurs, ce roman reste très intéressant pour ce qu'on y apprend sur l'Inde.

 

Le mot de l'éditeur :

   Le tigre blanc, c'est Balram Halwai, ainsi surnommé par l'un de ses professeurs impressionné par son intelligence aussi rare que ce félin exceptionnel. Contraint d'interrompre ses études pour travailler dans le tea-shop du village, Balram rêve surtout de quitter à jamais les rives noirâtres du Gange. La chance lui sourit enfin à Delhi où il est embauché comme chauffeur. Tout en conduisant ses maîtres au volant de sa Honda City, il est ébloui par la brillante façade de la "Shining India »…et prêt à tout pour quitter à jamais les "Ténèbres" de son Bihar natal. Roman obsédant écrit au scalpel, "Le Tigre blanc" est la confession d'un ventre creux qui a réussi l'impensable. Mais à quel prix ?

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 06:04

Un coeur de trop de Brina Svit

  9782070347971

 

Ca faisait pourtant un moment que ce roman m'attendait dans ma bibliothèque, sagement adossé à "Coco Dias ou la porte dorée", mais à l'époque les premières lignes ne m'avaient pas inspirée...

 

Toujours offrir une deuxième chance à un roman ... si vous estimez qu'il la mérite !

"Un coeur de trop" raconte l'histoire d'une jeune femme dont la vie bascule alors qu'elle retourne en Slovénie au décès de son père.

 

Le lac de Bled est mis en avant durant tout le récit et donne à ce roman une atmosphère très nordique qui n'était pas pour me déplaire. Brina Svit est Slovène, et on sent dans ce roman un lien très fort mais très ambigu avec son pays d'origine.

D'ailleurs, l'héroïne ne retourne sur sa terre natale que pour le décès de son père, elle ne veut pas hériter de la maison paternelle, elle déteste ce lac ...bref cette terre n'est plus la sienne, et pourtant ce court passage en Slovénie va bouleverser sa vie sans qu'elle ne puisse rien y faire .

 

Brina Svit raconte avec beaucoup de finesse, de douceur et de profondeur cet état de faiblesse, d'égarement et de perte de contrôle qui nous tombe dessus au moment de la perte d'un parent. 

 

 

Le mot de l'éditeur :

  Lila Sever n’a jamais souhaité la mort de son père et encore moins d’avoir une maison au bord du lac de Bled, en Slovénie. « En revanche, elle avait envie de vivre une histoire d’amour, courte, lucide et inoubliable. » Ayant quitté Paris où elle vit avec Pierre, son deuxième mari, pour se rendre au cimetière de Ljubljana où l’attendent ses demi-frères et leur famille, Lila s’embarque d’une manière assez énigmatique dans une tout aussi étrange aventure. Si quelqu’un lui avait prédit qu’elle allait quitter les siens sans crier gare le soir de l’enterrement, conduire un inconnu saoul à un hôtel et passer une partie de la nuit dans une voiture sur les genoux d’un autre homme, elle aurait probablement éclaté de rire. Perturbée par cette rencontre inopinée, Lila s’installe contre toute attente dans la maison léguée par son père. Elle ne rentre pas à Paris. Elle s’occupe d’un chat errant, rencontre un vieux joueur d’échecs et noue une relation passionnée avec l’inconnu de la voiture. Elle ne se demande pas « ce qu’elle fait encore dans ce bled qu’elle n’aime pas, au bord de ce lac qu’elle n’aime pas non plus ». Elle n’appelle Pierre qu’au bout de onze jours, lui annonçant qu’elle était tombée amoureuse et qu’elle ne rentrait pas. Rien ne se passe comme cela devrait se passer, tout se dérobe, tout prend un autre chemin.

 

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