Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 06:25

 

L'attentat de Yasmina Khadra

 

 

 

Plus que de bons romans, j'aime présenter de bons auteurs lors de nos Cercles, et,

Yasmina Khadra n'ayant encore jamais été discuté durant nos soirées ...il fallait réparer cette injustice (...et il nous en reste beaucoup d'autres à réparer !).

Et parmi tous ses nombreux romans, celui-ci est incontournable de par son sujet et le traitement qu'il en fait.

 

"L'attentat", est le deuxième roman de sa trilogie sur le conflit Occident/Orient. Après l'Afghanistan, et "Les hirondelles de Kaboul", Yasmina Khadra nous parle ici de l'un des sujets politiques actuels qui divisent, échauffent , bouleversent ou indignent la planète entière ...et ce depuis des décennies !

Et c'est aussi l'intérêt que suscite ce roman, va-t-on enfin comprendre le pourquoi des choses dans le drame Israélo-paléstinien ?

 

Outre le fait d'être un conteur très talentueux, Yasmina Khadra a l'intelligence de ceux qui traitent de sujets engagés et tendus sans jamais prendre parti ou prétendre détenir la vérité absolue .

 

Avec ce bouleversant roman il nous livre la descente aux enfers d'un homme comblé qui se réveille un jour confronté à une réalité qu'il occultait jusque là.

Comme toujours, Khadra se sert d'un contexte difficile et dramatique pour mettre en exergue ce que l'homme recèle au plus profond de lui ? Des questions existentielles qu'il nous soumet sans prétendre en détenir les réponses :

Peut-on sacrifier des vies pour étancher notre propre souffrance ?

Jusqu'à quel point connaissons nous la personne qui partage notre vie ?

Faire le choix de vivre heureux quand les nôtres vivent l'enfer, est ce une trahison, une lâcheté ou juste le droit de vivre ?

 

Cette histoire déchirante nous mène sur ces terres meurtries et nous dresse un tableau assez triste mais réaliste d'une situation qui, on le comprend dans le roman, n'est pas prête à s'améliorer.

  

 

 

Le mot de l'éditeur :

  “En une fraction de seconde, le ciel s’est effondré, et la rue, un moment engrossée de ferveur, s’est retrouvée sens dessus dessous. Le corps d’un homme, ou bien d’un gamin, a traversé mon vertige tel un flash obscur. Qu’est-ce que c’est ?…”
Yasmina Khadra ne choisit jamais ses sujets par hasard et n’écrit jamais gratuitement. Dans cet ambitieux roman mené de main de maître, l’auteur de “À quoi rêvent les loups” s’attaque à une question monstrueuse qui concerne l’idée même de démocratie et de liberté : l’attentat, forme extrême et meurtrière du terrorisme, machine à tuer des innocents dont nous sommes tous potentiellement les victimes, à la fois dans nos corps et dans nos cœurs.

Tel-Aviv. Un “fils de Bédouin” naturalisé israélien est parvenu à s’imposer comme un brillant chirurgien membre de l’élite médicale universitaire. Un jour, sa vie bascule alors qu’il se trouve sur les lieux où vient d’être commis un attentat meurtrier. L’horreur habituelle : hurlements, sang, mort d’innocents. Comment supporter l’immersion directe au cœur d’un mal qu’on imagine toujours réservé aux autres ou que l’on connaît par médias ou témoignages interposés ? Surtout lorsque c’est l’un de vos proches qui a commis le crime en se transformant en kamikaze, sans soupçon possible, sans logique possible, sans justification possible…
Entre drame intime et effroi politique sur la réalité du conflit israélo-palestinien, un roman puissant comme une bombe, qui traite magistralement un thème, malheureusement oserait-on dire, devenu universel.

  

 

 

  

 

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 05:52

Ce n'est pas pour son titre que j'ai lu ce livre...

 

Allez, ça c'est fait.

C'est vrai que j'aime choisir mes livres, en fonction d'un joyeux mélange de "belle couv'", "jolie édition", "titre séduisant" etc.

Là non, j'avais choisi ce livre en même temps que "l'origine de la violence" du même auteur... Et je l'ai ressorti de ma PAL afin de pouvoir voter lors du prix 'la Virgule' organisé par Pierre le Libraire.

On vous en reparlera plus tard !

Bref.

 

Le pitch :

fortuneSila.jpgParis, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n’intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Français, venus fêter une première embauche à la banque. Une simple anecdote ? Pas même un fait divers ? Dans le cours des vies, aucun événement, si minime soit-il, n’est anodin. Et la brutalité de l’un, l’indifférence ou la lâcheté des autres vont bientôt se révéler pour ce qu’elles sont vraiment : le premier signe de leur déclin. De la chute du mur de Berlin à la crise financière de 2008, dans un monde façonné par l’argent, les destins croisés des acteurs de cette scène inaugurale, de l’oligarque russe au financier français en passant par le spéculateur immobilier, tissent peu à peu une toile. Et au centre de la toile, Sila, le serveur à terre, figure immobile autour de laquelle tout se meut.

 

Mon point de vue :

J'ai été assez bluffée par le livre, son sujet, son machiavélisme, sa triste réalité.

Bien ancrée dans notre quotidien, la scène se situe en 1995...

Un serveur se fait casser le nez par un client alors que celui-ci remet à sa place un enfant qui ne se tient pas correctement à sa place et empêche le bon déroulement du service. Le tout se passe évidemment dans un restaurant ultra chic.

Le décor est planté...

Les caprices de riches, ou comment le pouvoir de l'argent rend aveugle !

Des clients odieux, l'un d'entre eux plus que les autres se permet d'agresser un serveur, les autres ferment les yeux, ou plutôt les baissent direction leur assiette...

 

L'histoire est construite autour d'un couple de Russes, d'un couple d'Américains, d'un duo d'amis Français et de ce serveur.

Et bien-sûr, l'histoire va les rattraper... tous...

 

Je dois avouer que l'auteur a brossé des portraits incroyablement réalistes de chacun de ses personnages...

Le couple Russe, lui, oligarque, ancien professeur qui bascule dans les affaires, marié à une femme brillante, deux enfants...

Le couple Américain, lui, plouc dans toute sa splendeur, élevé dans le culte du football américain, fait fortune dans les subprimes marié à une pompom girl, un enfant...

Le duo Français, deux jeunes hommes que tout oppose, l'un tout en physique et assurance, nightclubber et ambitieux, l'autre tout en cerveau et mathématiques, timide et gauche, deux individus que seule une anomalie peut réunir...

Et... Ce serveur, Sila, immigré d'origine africaine à qui l'intelligence et la curiosité alliées aux bonnes rencontres le feront aller de l'avant et ne pas sombrer plus bas que terre...

 

La première partie du livre m'a déplue car elle situe tout le contexte...

Certains auront besoin de cela pour donner du corps à l'histoire, pour moi c'était long et ennuyeux (je n'ai pas été sensible du tout au portrait de la Russie sous Eltsine...), mon côté "straigth to the point" en a souffert...

Néanmoins, l'évolution de l'amitié des deux amis Français est intéressante et la peinture de l'Américain moyen qui fait fortune est savoureuse.

En revanche, quand j'ai attaqué la deuxième partie, alors là tout le livre a pris du sens, du coffre, du corps... ce que vous voulez mais du génial !

On entre véritablement dans les sphères de la finance. On observe le mécanisme immobilier/crédit qui a lamentablement amené les Etats unis à cette gigantesque 'crise des subprimes' -si récente qu'on s'étonne que l'auteur ait placé son livre en 1995-. Il est criant d'actualité.

Le monde des traders y est décrit dans tout ce qu'il a de cynique, de gens centrés sur eux-mêmes, de superficialité, de course aux bonus ! Les banquiers dont on ne parle jamais sont à découvert dans ce livre...

Mais la vraie performance de l'écrivain (pour moi) est ailleurs !

Ce bouquin est diabolique car si cette toile de fond est criante de vérité, nous apparaît réelle dans toute son absurdité, elle n'est autre qu'un magnifique prétexte pour brosser le portrait du Dieu 'Argent' et de ses disciples.

Autant de comportements terribles de ses adorateurs : cupidité, trahison, manipulation, traîtrise, meurtre, corruption...

 

Autant de sentiments qui ne peuvent vous laisser indifférent(e)s !

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 05:45

Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

  9782266204965

 

Ce roman est le premier d'une trilogie consacrée au conflit entre Orient et Occident, c'est dire si le sujet est annoncé comme pesant et tragique !!  

Le drame afghan est donc mis en scène dans ce roman du très politique Yasmina Khadra. Il dénonce ici les horreurs de la vie quotidienne pour deux couples qui luttent en silence et dans l'impuissance la plus totale contre la dictature de l'absurde.

On pense bien sûr beaucoup aux "Milles soleils splendides" de Khaled Hosseini, car la condition de la femme y est très présente dans les deux romans, cependant le roman de Yasmina Khadra se veut moins douloureux, moins violent et toujours plus centré sur les questionnements existentiels.

Et des questions il s'en pose beaucoup Yasmina Khadra,

Peut-on quitter sa femme malade et mourante qui est devenue un fardeau ?

Doit-on combattre la barbarie quand on sait le combat perdu d'avance ? 

A-t-on droit au bonheur quand tout n'est que chaos autour de nous ? ...

 

C'est pour moi la force de ses romans que de provoquer la réflexion, le débat, les doutes sur l'existence dans ce qu'elle a de plus complexe. Et puis bien sûr, il y a le contexte socio-politique toujours passionnant et instructif dans lequel il choisit de mettre en scène ces vies ordinaires .

 

Quant au style, je dois reconnaître ne pas être plus charmée que cela par la prose très travaillée de cet auteur. Comme beaucoup de francophone amoureux de la langue française, on sent le désir d'honorer la langue, de la faire vivre, de la sublimer ...et il y parvient très bien, mais cela donne un peu de lourdeur voire de désuétude parfois ... mais reconnaissons que ça n'entache pas le plaisir du lecteur.

C'est davantage à son talent de conteur que je rendrais hommage, celui qui nous tient du début à la fin et nous fait complètement partager ses doutes et ses convictions.

 

Ce roman s'inscrit dans le "challenge du Petit Bac", et de un !!!

... à la catégorie "animal"  (...oui je sais ça a un côté loufoque pour ne pas dire ridicule qui m'amuse !!)

 

Le mot de l'éditeur :

 Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore... 

 

    

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 06:06

La partie de cache-cache

de Laurent Cachard

  41nJ6DhQ%2BnL SL160 AA160

Je suis toujours pleine de reconnaissance aux personnes bien attentionnées qui me font découvrir de bons auteurs et de jolies lectures.

Et pour l'heure, c'est à mon amie Boulie que va toute ma gratitude pour m'avoir proposé cette si singulière partie de cache-cache ...

Nous cherchions une idée de lecture commune, elle l'avait déjà lu, moi pas ...et nous y voilà !

Laurent Cachard publie ici son 2ème roman, et il faut bien reconnaître que le garçon a bien du talent !!

 

Il y est question d'une partie de cache-cache entre trois enfants, ou comment ce jeu de l'enfance à l'aspect si innocent va se révéler être un jeu de vérité cruel et funeste.

Ce roman est construit tel un huis-clos à trois voix qui joue sur l'intensité du récit en montant crescendo et en nous tenant ainsi du début à la fin. 

La partie de cache-cache va nous révéler ce que chacun cache, pense cacher ou croit avoir déceler ... Laurent Cachard parvient par une écriture très fine et très affûtée à nous faire ressentir les tensions de ce jeu et les enjeux qui s'y jouent pour ces trois enfants solitaires, blessés et fiers.

Chacun a ses raisons de gagner, de se cacher ou d'aider l'autre à gagner la partie, comme chacun a ses secrets, ses blessures et ses revanches à prendre .  

"[...] cette partie de cache-cache nous en apprendra plus sur nous-mêmes que tout ce qu'on a pu apprendre jusque-là : peut-être plus que ce que nous devrions savoir."

Qu'en a pensé Boulie, sans qui je ne l'aurais probablement jamais lu ? ... c'est ICI  

Quant à moi, comme à mon habitude, je vais m'empresser de lire son premier roman "Tébessa ,1956" ... car je vous le dis et vous le répète, voilà un auteur à lire et à faire connaître ...à bon entendeur, salut !

 

Le mot de l'éditeur :

Il ne reste, plus que trois enfants dans la partie de cache-cache que Jean a proposée pour son 11e anniversaire. Sans savoir que celle-ci soulèverait bien plus de fantômes qu'on ne peut en rencontrer dans les terres du Berry où elle a lieu. Jean, Grégoire et Emilie font plus que se chercher mutuellement, chacun se trouve. Et c'est bien là le drame.

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 06:30

  

Le livre de Joe de Jonathan Tropper

 

9782264045089

 

Cela faisait 3 romans que je lisais sans grande satisfaction ...et pour tout vous dire cela commençait à sérieusement m'agacer !!! ...

Résolue à ne pas me décontenancer pour si peu, je pris l'ouvrage suivant dans la pile de romans en attente. Et là ... ce fut comme certaine nouvelle rencontre, lorsqu'on sait tout de suite que ça va fonctionner ...

Car ne dit on pas que la meilleure arme de séduction c'est l'humour ?

Et dès les premières pages Jonathan Tropper m'a fait sourire et m'a appâté avec un regard sur les choses tout en dérision et en lucidité ...

Son humour est d'autant plus intelligent et pertinent qu'il sert bien évidemment à désamorcer les crises et faire fuir les fantômes (...entendez par là, ces zones d'ombres de notre enfance que l'on est pas encore parvenu à mettre en lumière ...)

L'histoire n'est pas sans rappeler le magnifique film de Vincente Minnelli "Comme un torrent", ou l'histoire d'un écrivain qui revient dans sa ville natale après 17 ans d'absence pour se confronter à son passé et à l'hostilité de tous.

C'est un roman qui se dévore (...les 400 pages m'ont fait 3 jours !) et pourtant on ne voudrait justement pas le terminer si vite  ...  

Comme grands nombres de bons romans, des scénaristes tentent actuellement d'en faire un bon film (... alors lisez le vite avant) ...et  forcément je risque d'être fachée en voyant un Leonardo ou un Brad ...là où moi je voyais un Hugh !! 

Une chose est sûre, je ne vais pas m'en tenir là concernant Jonathan Tropper ... d'ailleurs son petit dernier "C'est ici que l'on se quitte" me tend déjà les bras ...

A suivre ... 

 

 

Le mot de l'éditeur :

A première vue, Joe Goffman a tout pour lui : un magnifique appartement dans les quartiers chics de Manhattan, des aventures sentimentales en série, une décapotable dernier cri et des dollars comme s'il en pleuvait. Ce jeune auteur a très vite rencontré le succès avec son premier roman, Bush Falls. Directement inspiré de son adolescence passée dans une petite bourgade du Connecticut, ce best-seller ridiculise les mœurs provinciales de ses ex-concitoyens, dénonce leur hypocrisie, leur étroitesse d'esprit et toutes leurs turpitudes. Mais le jour où il est rappelé d'urgence à Bush Falls au chevet de son père mourant, il se retrouve confronté aux souvenirs qu'il croyait enfouis à jamais. Face à l'hostilité d'une ville entière, rattrapé par les fantômes de son passé, Joe va devoir affronter ses propres contradictions et peut-être enfin trouver sa place...

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 06:17

 

 

 

Laurence Tardieu, que je découvrais avec ce roman, nous livre le récit déchirant d'un couple face au pire : la disparition d'un enfant.

 

Sujet tabou pour grand nombre des membres du Cercle, je ne présenterai pas ce livre sur une prochaine liste, et pourtant que d'émotion, que de force, que d'amour !

Le récit, bien sûr, est ce qu'il est - un père et une mère vont devoir faire face à la disparition de leur fille un soir en rentrant de l'école - il fait peur et il fait mal, qu'on ait des enfants ou pas.

 

Mais la profondeur et la beauté d'un roman ne passe pas par son histoire mais bel et bien par la plume qui la raconte, non ?!!

Or la plume de Laurence Tardieu est belle, forte et juste. Elle nous touche sans nous mettre mal à l'aise, elle éveille notre interiorité dans ce qu'elle a de plus profond et on ressort de cette lecture plus fort et plus vivant.

"Voilà peut-être ce qu'il faudrait accepter : on ne fait que passer. Et quand bien même l'amour, le combat, la souffrance à en devenir fou ... De tout ça un jour il ne reste rien."

 

La grandeur de ce roman tient au fait qu'en nous parlant de la douleur insoutenable de perdre un enfant, elle nous livre le récit d'amour très fort de deux êtres incapables d'affronter l'insurmontable ensemble.     

Son écriture est d'une telle sensibilité et d'une telle finesse , qu'elle me laisse penser que ses autres romans doivent être tout aussi remarquables ...      

 

 

 

Le mot de l'éditeur :

  « Comme tant d’autres la lettre de Geneviève écrite au crayon à papier d’une main tremblante aurait pu s’égarer et jamais je ne l’aurais reçue, jamais je n’aurais appris que Geneviève est en train de mourir, j’aurais continué à vivre comme chaque jour, de façon médiocre et satisfaisante, ne dérogeant jamais à mon précepte favori, sois sage ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille, parce que c’est la seule manière pour moi de tenir debout, je le sais, la seule manière. Mais je ne peux pas rebrousser chemin. Je ne peux plus tricher. Je vais au-devant de toi et c’est comme aller au-devant d’un abîme. »
Pourquoi Geneviève a-t-elle à ce point besoin de le revoir ? Tout n’a-t-il pas fini il y a quinze ans ? À quoi bon se faire du mal si elle n’est bientôt plus de ce monde ? Pourquoi remuer la souffrance en eux ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser tout cela reposer en paix ? Si ses jours étaient comptés, aurait-il agi comme elle, la priant de venir à son chevet ? Comment se mettre à la place de quelqu’un qui va mourir ? Malgré ses interrogations et son aspiration à l’oubli, Vincent prend ses clés de voiture et se précipite vers la femme qui l’appelle. Leurs retrouvailles ressuscitent le souvenir de Clara, leur petite fille disparue.

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 06:30

 

  

 

Et non,  comme vous pouvez le constater, je ne suis pas encore sortie de mon cycle Olivier Adam !!

Je n'enchaîne évidemment pas toute sa bibliographie d'une seule traite, non !! Je prends bien le temps de les déguster, de les clore, de découvrir d'autres talents et lorsque l'envie s'en fait ressentir, alors je suis prête pour apprécier à nouveau  la plume intimiste et bouleversante d'Olivier Adam.

 

"Des vents contraires", jolie métaphore pour évoquer l'histoire de cet homme et de sa famille qui ne peuvent pas se laisser porter par le vent, qui n'ont d'autres choix que de lutter contre les éléments qui se déchaînent et de maîtriser cette tornade impitoyable qui a décidé de ravager leur vie.

Des vents contraires, c'est l'histoire de Paul et de ses deux enfants, ses deux boués de sauvetage, qui vont l'empêcher de sombrer lorsque l'insurmontable s'invite dans leur petite vie tranquille. Olivier Adam nous parle une fois encore de l'absence, du deuil, du manque à en crever.

 

Histoire de fratrie encore mais sous un angle différent , là le frère n'est pas l'être qui nous manque mais l'être qui nous soutient et nous maintient hors de l'eau. 

Alors oui c'est vrai, ses romans sont tristes et douloureux, mais les romans nous parlent de la vie et hélas, le malheur y tient un sacré rôle.

Olivier Adam, comme peu d'auteur, raconte les souffrances, les vies qui basculent et les combats quotidiens avec une plume  émouvante et juste qui sait  nourrir ses personnages de la force, du courage et de l'amour indispensables pour surmonter l'insurmontable.

 

Des vents contraires m'a embarquée, m'a bouleversée et m'a tenue accrochée jusqu'au bout ...

 

Une autre lecture et donc un autre regard porté sur ce roman signé Boulie chez Anatole (dit Boulie bouffe tout) ...!

 

 

 

 Le mot de l'éditeur :

Sarah a disparu depuis un an, sans plus jamais faire signe. Pour Paul, son mari, qui vit seul avec leurs deux jeunes enfants, chaque jour est à réinventer. Il doit lutter avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Épuisé, il espère se ressourcer par la grâce d'un retour à Saint-Malo, la ville de son enfance.

 

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 06:00

Hé hé...

 

Piquée au vif, me voilà avec mon interview fraîchement arrivé de Saint Cloud via notre grande voyageuse... Entre la Syrie, Concarneau, Francfort, et j'en passe notre rebelle a pris le temps de se poser !

Faisant fi de sa paperasse, je lui fais une HOLLLLLAAAAAAA !

Et oui, cet article me tenait à coeur car "Une odeur de gingembre" a été un vrai coup de foudre...

Et, à y bien réfléchir, nous avons beaucoup de lectures communes avec Françoise (Tsubaki, la poursuite du bonheur, Assez parlé d'amour, Les braises, Paradis conjugal, Grâce et dénuement, Oscar et la dame rose) il me tardait donc de l'interroger sur une lecture commune et de vous délivre son sentiment.

 

Qu'as-tu pensé de ce livre ?

guillemetJ'ai un grand faible pour les livres qui relatent des destins de femme : "American Darling" de Russell Blank (que je n'ai pas proposé encore mais ça ne va pas tarder), "La Poursuite du bonheur" de Douglas Kennedy et bien d'autres encore. J'aime quand le personnage principal est une femme. Et si, en plus le livre me fait découvrir une période de l'histoire que je connais mal - L'Afrique sous domination américaine pour "American Darling" (ainsi que la jeunesse post guerre du vietnam), le Mac Carthysme pour "La Poursuite du Bonheur" - c'est banco.

Or là les deux sont réunis, une destinée extraordinaire mais dans le vrai sens du terme rien n'est ordinaire dans la vie de Mary Mackenzie et une époque : l'Asie du début du XXème siècle. J'ai donc beaucoup aimé ce livre. Et pourtant ce n'était pas gagné au début. Le style, lettres un peu guindées à la mère et journal intime factuel et un peu mièvre du personnage très vieille europe me barbaient un peu. C'était lent, je trouvais Mary passive. Mais ça installe un rhythme très oriental et puis l'ordinaire devient tellement extraordinaire que le personnage s'étoffe et on est bluffé par ses choix, sa résignation certes mais toujours digne et forte. Elle doit souvent se plier à la loi du plus fort (celle de l'homme ou de la culture du pays d'accueil) mais elle reste toujours debout et finit malgrè tout ce qui lui arrive à se trouver elle même.

 

Pourquoi l'avoir recommandé lors du dernier cercle ?

guillemetParce que j'ai passé un très bon moment à lire ce livre très émouvant mais aussi parce que je trouvais que le rythme du livre changeait des livres contemporains que nous proposons au cercle. Mary Mackenzie est une vraie héroine et pourtant elle ne semble jamais se mettre en avant. Les personnages qui jalonnent sa vie semblent tous beaucoup plus importants qu'elle, en fonction de ce qu'ils sont ou ce qu'ils font et décident elle s'adapte et devient néammoins quelqu'un complètement en charge de sa vie. Cette vie que tous ont pourtant de manière plus ou moins dramatique un peu amputé. En fait, Mary Mackenzie se construit sur des manques et finit par avoir autant de pouvoir, à la fin du roman, que tous ces gens qu'elle a croisés et qui ont décidé pour elle. Car c'est ça aussi le thème du livre, comment à cette époque une femme pouvait arriver à décider pour elle même étant donné le statut de la femme dans les cultures asiatiques et occidentales huppées du début du XXème siècle.

 

Qu'en est-il du contexte historique ?

Génial, j'ai appris beaucoup de choses, les cours d'histoire dans le secondaire en France zappent un peu tout ce qui s'est passé avant la guerre 39/45 surtout dans des régions qui n'étaient pas sous "protectorat" français ou alors c'est moi qui ai zappé ce que l'on m'en avait dit !

Donc c'était top, j'ai adoré l'observation par le personnage de la vie en en Chine et au Japon du début du XXème siècle.

 

Dans ce communiqué, la dynamique clodoaldienne expliquait qu'elle avait également apprécié bien d'autres choses...

guillemet... Il y a encore plus dans ce livre que ce que j'ai mentionné. Beaucoup de psychologie, une belle description des rapports humains : dans les rapports mères/filles, mais aussi l'amitié entre femmes. Les relations hommes/femmes et rapport de couple ne sont pas très à l'honneur en revanche. On ne referme pas le livre en se disant quel bonheur de tomber amoureuse !

 

 

Lorsque je lui pose la question "est-ce que tu aimes les auteurs japonais ?", elle me dit :

guillemetOui chérie, grâce à toi je commence à être séduite -ie Tsubaki- mais en ce qui concerne "Une odeur de gingembre" la question et donc la réponse ne sont pas appropriées. L'auteur était juste né à Tokyo je crois...

Incroyable : elle m'appelle 'chérie' : LA CLASSE !!!

 

Chez z'amis, elle l'a fait sans filet !!

 

Le pitch :

gingembre.jpgEn 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collinsgsworth, l'attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d'esprit rapidement désapprouvée par la communauté des Européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans des conditions dramatiques. À travers son journal intime, entrecoupé des lettres qu'elle adresse à sa mère restée au pays ou à sa meilleure amie, l'on découvre le passionnant récit de sa survie dans une culture totalement étrangère, à laquelle elle réussira à s'intégrer grâce à son courage et à son intelligence. Par la richesse psychologique de son héroïne, l'originalité profonde de son intrigue, sa facture moderne et très maîtrisée, Une odeur de gingembre est un roman hors norme.

 

 

 

A la semaine prochaine pour l'interview d'Emma qui nous parlera de Philippe Labro...

 


 

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 06:20

Mon auteur classique préféré (à tout le moins : l'un d'eux...) je dirais... 

 

Et pour preuve, Stefan Zweig, figure dans mon nuage de tags (15 auteurs...). J'ai lu beaucoup de ses oeuvres, il y a longtemps et je les relis aujourd'hui : la magie opère toujours... Signe que parfois nos goûts nous restent fidèles...

Je dis ça, en écho à deux commentaires laissés par Griotte et Julie, sur ce même article des 15 auteurs. Griotte relevait l'auteur, Julie s'étonnait et se demandait si son dernier opus avait été lu...

Ce qui laissait présager qu'elle l'avait lu et trouvé nul...

Ce que je peux entendre facilement, vu que le Fanfan2 ressemble à la campagne de promotion de Harry Potter. Avec force battage médiatique, site interactif et extraits en ligne... Trop de promotion =  éléphant sous rocher !


Donc :

1- je vais essayer de le lire, ma curiosité m'y pousse

2- je devrais également relire le 1er (Fanfan) afin de voir si 15 ans après je suis toujours sous le charme de Mr Jardin !

 

Tout ça pour dire, et vous m'aurez compris, que si Jardin a pris quelques rides et moult kilos, Zweig, quant à lui, a traversé les années tel l'immortel...

 

Le pitch :

Aconfusion sentimentsu soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l'aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fascine par la personnalité d'un de ses professeurs; l'admiration et la recherche inconsciente d'un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d'idolâtrie, de soumission et d'un amour presque morbide. Freud a salué la finesse et la vérité avec laquelle l'auteur d'Amok et du Joueur d'Echecs restituait le trouble d'une passion et le malaise qu'elle engendre chez celui qui en est l'objet. Paru en 1927, ce récit bref et profond connut un succès fulgurant, en raison de la nouveauté audacieuse du sujet. Il demeure assurément l'un des chefs-d'œuvres du grand écrivain autrichien.

 

Mon point de vue :

Incomparable Zweig... Une plongée abrupte dans les méandres de la complexité des relations humaines. De la passion, de l'incompréhension, de la manipulation -mais si subtile qu'on finit par douter du manipulateur et du manipulé !-, de la naïveté, de la brutalité mais tellement d'amour.

Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais lu une oeuvre équivalente sur l'homosexualité. Cette ronde capricieuse des sentiments, son ambiguité, le poids de la société et de la morale, la gêne du regard des autres...

Et la fin du récit est plutôt magistrale dans son genre : le dénouement et toute la passion, le trouble et la souffrance que l'auteur dévoile est admirable.

Un sujet audacieux pour son époque, un traitement sans vulgarité ni malaise, une confusion de sentiments...

 

A (re)lire absolument !

 

 

 

 


Partager cet article
Repost0
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 06:01

Le cœur en dehors de Samuel Benchetrit

  mail

 

Pour mes débuts sur le blog j’ai choisi de vous parler d’un livre lu « hors cercle », à savoir « Le cœur en dehors » de Samuel Benchetrit. Ce livre, qu’on m’avait offert, est resté un bon moment dans ma bibliothèque avant que je ne me décide de le lire, tout simplement parce que la présentation de l’éditeur ne révélait rien de l’histoire.

Les 600 pages de Captive bouclées (ouf !) j’ai finalement ouvert Le cœur en dehors pour découvrir l’histoire de Charly Traoré, garçon de 10 ans d’origine malienne, vivant dans une cité ou chaque tour porte le nom d’un personnage illustre pour mieux cacher sa laideur.

Au milieu de l’univers dur de la cité Charly est un garçon drôle, intelligent et malin, débordant d’imagination. Plutôt heureux dans la vie, il adore sa Mère, joue au foot, traine avec ses copains, s’intéresse à la poésie et à lecture, tombe amoureux etc.

 

En partant au collège un matin Charly voit sa Mère se faire embarquer par la police. C’est le début d’une journée d’errance au cours de laquelle Charly va chercher son grand frère drogué à travers la cité mais surtout nous raconter sa vie avec ses mots de pré-ado.

Cette journée si particulière va lui faire perdre sa naïveté et son insouciance et lui faire connaître des peurs ignorées jusque là.

Dès les premières pages ce livre m’a plu par son humour, sa justesse et sa tendresse.

Il m’a aussi ému par sa tristesse, même si la fin du livre reste très ouverte et qu’il n’y a pas de misérabilisme dans ce roman.

 

Samuel Benchetrit écrit avec le langage parlé de Charly, ce qui peut être déroutant par moment (mais comment faire autrement pour se mettre dans la peau du personnage).

Cela peut faire penser un peu à l’Attrape-Cœurs mais personnellement j’ai été beaucoup plus touchée par le fond sombre de l’histoire de Charly que par la parenthèse de gosse de riche décrit par Salinger.

 

La première page : Au début je croyais que Rimbaud c’était une tour. Parce qu’on dit la tour Rimbaud. Et puis mon copain Yéyé m’a raconté que Rimbaud était un poète. Je voyais pas trop pourquoi on avait donné le nom d’un poète à ma tour. Yéyé a dit que c’était parce qu’il était connu et mort depuis longtemps. Je lui ai demandé s’il était mort après avoir vu la tour. Yéyé a dit que non, il était mort vraiment avant. J’ai dit que valait mieux pour lui parce que la tour est sacrément moche et qu’il aurait eu drôlement les boules d’avoir son nom sur un truc pareil. Yéyé a dit que lui aimerait bien qu’on donne son nom à des machins. Je lui ai dit que je trouvais débile d’habiter tour Yéyé. Il m’a dit d’aller me faire foutre et que mon nom c’était pas mieux.

 

La présentation de l’éditeur :

«  Tu sais Charly, il faut aimer dans la vie, beaucoup… Ne jamais avoir peur de trop aimer. C’est ça, le courage. Ne sois jamais égoïste avec ton cœur. S’il est rempli d’amour, alors montre-le au monde. Sors-le de toi et montre le au monde. Il n’y a pas d’assez de cœurs courageux. Il n’y a pas assez de cœurs en dehors… »

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Qui Sommes-Nous ?

  • : Les trois petits bouquins et le grand méchant tome...
  • : Blog dédié entièrement à la littérature en général et aux romans en particulier. Les 3bouquins est un lieu de rencontre et d'échange pour tous ceux qui partagent ma passion pour les livres !
  • Contact

Rechercher Un Article

 

Piscine03

 

Pour nous écrire

Vous pouvez nous envoyer un mail :

3bouquins@gmail.com