Blog dédié entièrement à la littérature en général et aux romans en particulier. Les 3bouquins est un lieu de rencontre et d'échange pour tous ceux qui partagent ma passion pour les livres !
Autant que vous le sachiez je suis dans ma période Laurent Gaudé !!!
Après le choc de l'Ouragan (... ma proposition pour notre Cercle du 3 déc, j'aurais donc l'occasion de vous en reparler en détails), je me devais de combler cette impardonnable lacune : découvrir l'univers ou plutôt les univers du brillantissime Laurent Gaudé !!
La mort du roi Tsongor et Eldorardo trônent déjà sur le sommet de ma PAL, mais c'est du Goncourt 2004 dont il s'agit aujourd'hui avec Le Soleil des Scorta .
Laurent Gaudé a cette particularité avec Alice Ferney (...pour qui vous connaissez toute mon admiration), qu'ils peuvent traiter tous les sujets, tous les univers, changer de cap d'un livre à l'autre et nous embarquer où ils le veulent par leur simple talent.
Qu'on se le dise, Laurent Gaudé est un créateur d'atmosphère ...
Ses romans n'ont rien d'enchanteur ou d'apaisant et pourtant on s'y sent bien.
Il a l'art de nous accrocher dès les premières lignes pour ne plus nous lâcher longtemps après avoir refermé le livre.
Le Soleil des Scorta est un roman envoûtant, tant par l'écriture irréprochable que par l'histoire captivante.
Un roman qui nous parle d'une fratrie unie par l'amour qui se veut plus forte qu'un village entier, plus forte que l'Eglise (...et dans le Sud de l'Italie, c'est pas rien !!) ...et plus forte que la malédiction !
Histoire d'une famille dans un village des Pouilles sur un siècle où tout commence en 1875 .
"Une famille devait naître de ce jour de soleil brûlant parce que le destin avait envie de jouer avec les hommes, comme les chats le font parfois, du bout de la patte, avec des oiseaux blessés".
Des personnages forts et attachants se succèdent pour nous parler de la force de vie, de l'espoir, du mauvais sort et de comment lui tordre le cou.
On peut regretter de passer trop vite sur l'histoire de chacun mais un siècle en 250 pages ... forcément on ne s'attarde pas trop !
Mais c'est aussi la puissance du roman, de raconter une famille comme on raconte un homme, le personnage principal du roman c'est Scorta, le nom, la famille, la lignée.
"Tu n'es rien, Elia. Ni moi non plus. C'est la famille qui compte.[...] Nous naissons. Nous mourrons. Et dans l'intervalle, il n'y a qu'une chose qui compte.Toi et moi, pris seuls, nous ne sommes rien. Mais les Scorta, les Scorta, ça c'est quelque chose."
J'ai adoré Le Soleil des Scorta, comme j'ai adoré Le Parrain, histoire puissante et bouleversante sur l'honneur et l'amour de la famille, la fierté du nom et l'importance de la transmission.
Le mot de l'éditeur :
Lorsque commence le récit, Luciano Mascalzone, un traîne-savate vivant de petites rapines, revient après quinze années de prison à Montepuccio, un village des Pouilles aux façades sales où les heures passent dans une fournaise qui abolit les couleurs. Autour, ce ne sont que collines et mer enchevêtrées. « Il m'a fallu du temps mais je reviens. Je suis là. Vous ne le savez pas encore puisque vous dormez. Je longe la façade de vos maisons. Je passe sous vos fenêtres. Vous ne vous doutez de rien. Je suis là et je viens chercher mon dû. » Son dû, c'est Filomena Biscotti, une femme qu'il désire depuis qu'il l'a rencontrée et dont le souvenir n'a cessé de le hanter. Ce que Luciano ignore, c'est que celle qui lui ouvre sa porte et qui se laisse dépuceler est la sœur cadette de celle qu'il convoitait, Immacolata. Battu à mort par les villageois, il meurt dans le dégoût du monde. Immacolata donne naissance à un fils. C'est ainsi que naît la lignée des Mascalzone, qui portera le nom de Scorta : d'une erreur, d'un malentendu. « D'un homme qui s'était trompé. Et d'une femme qui avait consenti à ce mensonge parce que le désir lui faisait claquer les genoux. »