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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 17:33

UN CHAT SOUS MA FENETRE

de Sophie KOP-TERRADE

 

 

"C’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l'oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l'océan" P. Modiano

 

Autant le dire tout de suite, ceci n'est pas une chronique.

Surtout pas une chronique…. plutôt une déclaration.

Parce que Marcel avait raison : "on ne devrait connaître les écrivains que par leur livres".

 

Mais elles ont fané depuis longtemps ces jeunes filles en fleur à l'ombre desquelles il écrivait ces mots.

Bergotte est mort, Odette et la Verdurin ont fermé salon, ils sont désormais virtuels, et se nomment Blog ou FB.

Pour le reste rien n'a vraiment changé : les bristols qu'on corne, les allégeances, les inimitiés masquées, les jalousies ridicules, les petites et grandes médisances échangées de "vous à moi" et auxquelles il faudrait répondre, si l'on avait du cœur, "si vous ne voulez pas que ce soit répété, pourquoi le dites-vous ? ".

Mais nous sommes lâches et nous nous inclinons, comme Marcel, autrefois.

 

Et parce que "les beautés qu'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se lasse le plus vite", ma Chère Sophie, tu as claqué rageusement la porte, laissant un fauteuil trop grand pour ceux qui ont essayé de s'y asseoir.

 

Ah !!! Sophie, si seulement nous n'étions pas amies, j'aurais pu l'écrire cette chronique, sans crainte et sans dilemme.

Oui, mais tu le sais, tu es une amie.

Pas une amie virtuelle, pas une amie numérique, mais une amie à qui l'on peut dire, aujourd'hui comme à quinze ans, "qu'un soir j'(ai) rêvé que je m'envolais sur les ailes d'un oiseau immense, il m'(a)enlevée, loin de ce monde et de sa laideur, on volait dans les nuages de fumée grise, j'avais la nausée, j'avais froid, mais je n'avais pas peur, je savais que j'allais être libérée, soulagée du poids épuisant de la vie, légère comme la plume soyeuse de l'aigle contre ma peau frissonnante, on filait à une vitesse folle par-dessus les nuages, lui et moi, unis dans la mort, et rien ni personne n'avait le pouvoir de nous faire revenir".

 

Un premier roman est, plus que tout autre, autobiographique : on fait souvent ses premiers pas dans un jardin qu'on connait bien pour l'avoir arpenté à quatre pattes……… en suivant son chat noir.

 

Ton cher Modiano l'a proclamé au monde entier, "seule la lecture de ses livres nous fait entrer dans l'intimité d'un écrivain et c'est là qu'il est au meilleur de lui-même et qu'il nous parle à voix basse sans que sa voix soit brouillée par le moindre parasite ».

 

Je sais combien t'a coûtée cette toute petite phrase : "en Lorraine, on est un peu long à  faire confiance mais une fois qu'on a donné notre amitié c'est pour toujours".

 

Tu ne te fais aucune illusion sur l'écho qu'elle pourrait avoir parce que, comme le disait Jannie "aimer tout le monde, c'est n'aimer personne".

Dans nos salons contemporains, sur nos agoras numériques, les Cœurs de Lion ne rugissent plus : ils ont laissé place au silence des hyènes.

"Si tu veux connaître le cœur de quelqu'un, observe comment il se comporte avec celui qui ne peut rien lui apporter"

La lucidité est source de bien des blessures pour celui qui observe, "les trois quart du mal des gens intelligents viennent de leur intelligence".

Tu le sais.

Et nous savons bien toutes les deux qu"une année ça passe vite, mais parfois le temps semble figé, ou faire de drôles de retours en arrière, des loopings comme sur le grand huit, tout se mélange ...", qu'il y a des "passages de relais", mais aussi qu'il existe des "moment(s) de parfaite communion" et qu'il faut "en faire provision, pour (s') en gaver, pour en faire de la graisse toute douce et chaude quand la disette viendrait".

 

Il faut les garder au creux de soi ces "moments chocolat", les conserver "gravés dans (son) cœur, dans (ses), veines, dans (sa) vie jusqu'à ce qu’(on) regagne (nous) aussi, le monde des âmes vagabondes".

 

Tu le sais, Sophie, toi qui t'es livrée à cette "curieuse activité solitaire", qu'"un romancier ne peut jamais être son lecteur".

"le lecteur en sait plus long sur un livre que le romancier lui-même".

Et parce que nous sommes amies, j'en sais, peut-être, plus long encore.

 

Mais dans l'amitié, comme en bien d'autres matières, nous sommes chacun débiteurs et créanciers, de ces secrets glissés entre les lignes, mais aussi de la franchise qu'exige ce lien qui nous unit.

Je ne trahirai pas.

Ce roman est inspiré et adressé à la  "jeunesse", et c'est bien là le premier signe de respect que bon nombre d'auteurs devraient songer à marquer envers le lectorat auquel ils croient pouvoir s'adresser, mais aussi envers eux même.

 

Ton écriture a pour cette jeunesse le respect dû à tout lecteur, et encore plus peut être à ceux qui, débutant dans ce vice, doivent être guidés avec intelligence et exigence.

Ceux-là même qui doivent être "apprivoisés"

Il ne leur est rien épargné des souffrances et des impuissances face auxquelles la vie nous place, quel que soit notre âge : la mort, le deuil, la marginalisation, la bêtise crasse de ceux qui nous enseignent parfois, la colère, le découragement, l'envie de chevaucher « l'aigle des rêves »....

Oui, mais aussi, les grands mystères qui l'occupent : l'amitié, l'amour, la révolte, et évidemment "et Dieu tant tout ça " ?.

Les jeunes lecteurs doivent apprendre bien tôt que les vrais livres sont ceux qui nous aident à mieux vivre, quel que soit notre âge.

Aucune facilité dans les mots choisis, du respect nourri de la lectrice que tu as toujours été, de ces grands amis que tu n'as jamais rencontrés, certains morts avant ta naissance, qui t'ont écrit pourtant tant de fois à travers "ces petits pavés de chairs", que tu transmets à ton tour.

"la lecture est une amitié"

 

Je termine cette lettre comme nous nous sommes rencontrées : sur un point de désaccord.

Ni puce, ni vaccin, ni collier : "un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux".

Et je crois que si l'on avait demandé son avis au peuple félin, il n'aurait jamais accepté aucun de ces sacrifices et ne serait pas aujourd'hui une horde "domestique."

 

"Cette histoire est vraie, puisque je l'ai inventée", épilogue de ton livre, mais aussi préface d'un nouveau chapitre de cette vie que tu t'inventes parce que si "on meurt plus vite quand on n'a plus envie de vivre", je sais qu'aujourd'hui comme à 15 ans, tu veux "aimer, rire, danser, chanter", et aussi écrire.

Et in arcadia ego.

 

 

PS : à ceux qui m'ont lue jusqu'au bout, je voudrais préciser que Sophie ne m'a pas envoyé son livre. Je suis allée, avec la plus grande fierté (comme si j'y étais pour quelque chose....), le commander chez mon libraire, à qui j'ai glissé, telle cette poule d'Odette, "l'auteur est une amie", et comme chacun sait : "la véritable amitié commence quand on visite quelqu'un sans raison : sans rien avoir à lui dire et surtout sans rien avoir à lui demander ".

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 05:41

Trois mille chevaux vapeur d’Antonin Varenne

 

 

 

Ce roman d’aventures commence en Birmanie en 1852. Le Sergent Bowman qui travaille pour la compagnie des Indes est embauché pour une mission particulière dont il ne connaîtra les tenants et les aboutissants que bien plus tard. Lui et ses hommes sont torturés et certains n’en sortiront pas vivants. Les premières pages sont d’ailleurs assez dures. Nous retrouvons notre sergent six ans plus tard à Londres. Il travaille pour la police et il tombe sur un meurtre qui lui fait penser que le meurtrier ne peut qu’être l’un de ses anciens équipiers. Pour suivre les traces de ce meurtrier, il ira jusqu’en Amérique.

 

J’avais tenté de lire de roman en version papier et j’avais abandonné assez vite, convaincue que ce n’était pas du tout mon style de lecture. Cette fois, je me suis accrochée parce que je n’aime pas abandonner un roman quand je participe à un prix littéraire. Mais je ne suis pas le public idéal pour les romans d’aventures et celui-ci n’a pas été l’exception à règle. J’ai aimé la façon dont Antonin Varenne croque son personnage principal, Arthur Bowman, cet homme rustre qui s’initie à la lecture par Thoreau et par les romans d’aventure. J’ai aussi apprécié comment l’auteur dépeint les lieux traversés, notamment le Londres nauséabond du milieu du XIX e siècle. Mais je me suis globalement ennuyée et j’ai vraiment trouvé que les scènes entre Bowman et les femmes qu’il rencontre étaient ratées : les dialogues et les états d’âme sonnent faux. Si j’ai réussi à finir ce roman en version audio, c’est surtout grâce au lecteur qui module parfaitement sa voix selon les personnages.

 

 

Date de parution : 14 Mai 2014 Durée : 19h05 chez Audiolib

 

 

 

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 05:15

 

Le problème Spinoza d'Irvin Yalom

chroniqué par Sophie

 

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Ma rencontre avec ce roman :

Framboise, du cercle, qui aime bien cet auteur aussi me l’a recommandé.

 

L’auteur ou ce que j’en connais :

Il aime bien mêler la philosophie et la psychanalyse. Dans ce cas précis, vient aussi se rajouter une forte dimension historique à travers le personnage de Rosenberg.

 

L’histoire ou ce que je veux en dire :

A la genèse de l’écriture du livre se trouve une question : pourquoi le Reichsleister Rosenberg, grand idéologue du IIIe reich et tête pensante d’Hitler a-t-il pillé systématiquement la bibliothèque de Spinoza en mai 1940 ?

L’auteur a pris le parti de faire se succéder, au gré des chapitres, la vie de Spinoza avec celle de Rosenberg. L’histoire débute alors que Spinoza, encore jeune et considéré comme un prodige par les grands rabbins, en vient progressivement à mettre en doute publiquement la véracité des textes religieux et du message divin. Pour Spinoza, dieu est un « être » infiniment parfait ni bon, ni mauvais et qui n’a rien à voir avec l’homme, c’est au contraire l’homme lui-même qui prête à dieu des intentions qui n’ont rien à voir avec lui. Les textes religieux ne sont qu’une compilation de textes qui peuvent se contredire. Ils véhiculent un état de superstition qui rend l’homme comme étranger à sa propre intelligence et à son libre-arbitre. Ces révélations font l’effet d’une bombe dans la communauté des juifs d’Amsterdam de l’époque et vont conduire le grand rabbin à prononcer contre lui un herem d’une violence inouïe. Spinoza est banni à jamais de la communauté, personne ne doit plus lui adresser la parole, ni lire ses écrits ni parler de lui. Il va donc devoir quitter les siens…

Rosenberg, déjà très antisémite à 16 ans, reçoit comme punition de lire l’Ethique de Spinoza. Mais ce texte résiste à sa compréhension et surtout, pour lui, il est inimaginable qu’un juif ait pu écrire un texte d’une telle intelligence. Cela va lui poser problème toute sa vie, alors même qu’il commence à se faire connaître pour ses idées extrémistes et qu’il se rapproche du jeune Hitler qui fait de plus en plus parler de lui.

 

Mon avis sur la question :

L’auteur nous permet de comprendre le cheminement de la pensée spinoziste mais ça se lit comme si c’était un roman car c’est très vivant. On ressent l’atmosphère des lieux, on est touché par l’histoire aux échos très actuels.

Avec ce même souci du détail et ce sens du rythme, on assiste à la naissance du monstre Rosenberg, dans une Allemagne remplie de rancœur à la suite de la défaite et du traité humiliant qui l’a suivie. Et cette fois, la psychanalyse ne sera d’aucun secours… L’alternance entre les deux récits fonctionne bien et donne de l’épaisseur à l’histoire.

 

Trois mots pour définir cette œuvre :

  • rationalisme
  • vérité
  • liberté

 

Une phrase qui donne le ton :

La force d’une conviction est sans rapport avec sa véracité.

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 05:48

 

 

La mare au diable de George Sand

chroniqué par Sandra


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Ma rencontre avec ce roman :
La lecture de ce roman m'a été imposée une première fois en classe de quatrième. J'ai tellement accroché que je l'ai lu dans la nuit, bien qu'il y eut cours le lendemain matin.
Je crois pouvoir dire que c'est le roman qui m'a initié à la littérature et surtout me l'a fait aimer.

 

L'histoire ou ce que je veux en dire :
La mare au diable raconte l'histoire d'un jeune fermier, veuf, sommé par ses beaux-parents de trouver une nouvelle épouse afin de s'occuper de ses 3 jeunes enfants.
Germain doit donc rencontrer une femme, désignée par son beau-père, dans un village de l'autre côté de la forêt.
Pour parcourir ce chemin, Germain est accompagné de Marie, une jeune voisine, qui doit quitter sa mère afin de travailler dans une ferme éloignée.
En traversant la forêt, ils se perdent. La nuit tombe.
L'auteur ou ce que j'en sais :
George Sand est née dans le Berry, où se situe l'action du livre, en 1804. Mal mariée, elle eut une vie sentimentale extrêmement mouvementée, collectionnant les amants plus ou moins célèbres : Jules  Sandeau (qui lui inspira son pseudonyme de George Sand), Musset, Mérimée, Chopin et d'autres moins connus.
Elle a écrit plusieurs romans champêtres inspirés de sa vie dans le Berry ou elle a passé une bonne partie de sa vie, l'autre partie se déroulant le plus souvent à Paris ou en voyage.
Elle était républicaine, démocrate et féministe engagée. Elle a écrit des romans et publié des articles dans des journaux en ce sens. Elle a également écrit des pièces de théâtre ainsi que des contes.
Mon avis sur la question :
J'ai relu ce roman avec presque autant de plaisir que lorsque j'avais 14 ans.
J'ai aimé cette histoire simple qui montre la vie de labeur des paysans. Ici, chaque  personnage est  presque idéalisé afin de mieux faire ressortir la rigueur de la vie à la campagne. Pas de rebondissements, pas de suspense, juste une belle histoire d'amour entre un homme, une femme et un enfant, qui se construit dans une atmosphère envoûtante.
Le style est simple et fluide, à l'image de l'histoire.
L'image qui me restera de ce roman :
La nuit, un homme, une femme, perdus dans une forêt protectrice, presque enchanteresse.
Une phrase qui donne le ton : 
Ce qui l'empêchait alors de s'orienter, c'était un brouillard qui s'élevait avec la nuit, un de ces brouillards des soirs d'automne que la blancheur du clair de lune rend plus vague et plus trompeurs encore.
Trois mots pour définir ce livre :
Onirique, charme, simplicité.
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 05:02

Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder

 

lu par Edouard Baer

 

Rendons hommage aux rendez-vous manqués qui peuplent nos imaginaires.

Lorsque ce roman est sorti en septembre, je n’ai jamais été tentée de le lire. Disons qu’entre Beigbeder et moi, ce n’est pas l’amour fou, enfin surtout de ma part parce que lui ne connaît pas mon existence et se fiche bien se savoir qu’il m’insupporte. J’ai abandonné Windows on the world (je crois que je n’avais pas l’âge du public visé) et ai souvent été agacée par Un roman français dont je ne garde qu’un souvenir, celui de la scène où il prend de la cocaïne (à moins que ce ne soit une autre substance) sur le coffre d’une voiture. Le personnage m’énerve, son écriture aussi, bref je partais avec quelques a priori. Sauf que j’avais envie de découvrir la version audio lue par son ami Edouard Baer, dont j’adore la diction et la folie.
Oona et Salinger, c’est en fait un roman sur les deux histoires d’amour d’Oona O’Neill, la réelle, celle qu’elle vécut avec Charlie Chaplin, et celle qui existât surtout dans la tête de Jerry Salinger. J’avais peur que ce roman de Beigbeder ne soit pour lui qu’une manière de justifier sa préférence pour les jeunes filles, mais il ne parle de sa jeune femme quand dans la toute fin du roman et il aurait pu tout aussi bien s’en passer mais j’ai tendance à pardonner à l’auteur amoureux de n’avoir pu s’empêcher de le faire. J’ai beaucoup aimé le prologue dans lequel Beigbeder fait preuve d’autodérision en expliquant pourquoi il s’entoure de jeunes. Et je me suis dit que s’il parvenait à conserver ce ton drôle et ironique, j’allais aimer et c’est ce qui s’est passé. Il m’a fait rire d’emblée avec ses allusions aux expressions qu’il ne peut pas utiliser avec les jeunes, comme ramer comme Gérard D’Haboville et comme on le sait, quand on fait rire une femme… Bien sûr, j’ai parfois été agacée par des phrases comme « Une fille, c’est comme une coffre fort, ça s’ouvre et ça se referme. Il suffit de trouver le bon mot de passe. » ou « Je te prie d’excuser cet excès de correspondance. Depuis que je te connais, je suis envahissant, je suis ton Hitler et tu es ma France ». Mais même ça, j’ai décidé de le prendre au deuxième degré et je pense que c’était le but. J’ai moins aimé les parties sur les camps que la peinture des années 40 mais j’ai été touchée par le portrait de Salinger que brosse Beigbeder parce que jusqu’ici, je l’avais surtout vu à travers les yeux de Joyce Maynard et le résultat est très différent. Même si Beigbeder ne le ménage pas vraiment, on découvre un homme qui n’a jamais oublié son premier grand amour et cet amoureux qui a besoin de croire en quelque chose alors qu’il est à la guerre et qui apprend que celle qu’il aime se marie à un vieux, même si ce vieux s’appelle Chaplin, m’a émue.
Ne nous mentons pas, je ne suis pas sûre que la rencontre entre ce livre et moi se serait faite sans le lecteur. J’ai aimé son ton narquois, sa manière atroce de prononcer les mots anglais (Edouard, dites-moi que vous avez un peu forcé le trait), particulièrement le mot « casualties ». Bref, je crois que je pardonne tout à Beigbeder quand il est servi par Edouard Baer. D’autant que pour moi, l’oral convient bien mieux à ce texte que l’écrit. C’est un livre que je vous conseille d’écouter plutôt que de lire. En aimant ce roman, je sais que je déçois mes amies lectrices qui ont bon goût, et sans doute que je me déçois un peu moi-même.

Pour la petite histoire, je trouve que la fille d’Oona, Géraldine Chaplin, ressemble beaucoup à Oona. Elle a donné à sa propre fille le prénom de sa mère.

Publié chez Audiolib le 13 Novembre 2014 Durée : 5h59- Lu par l’excellent Edouard Baer et l’auteur pour le prologue et la fin. C’est ma première écoute dans le cadre du Prix Audiolib 2015.





 

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 05:14

 

La fortune des Rougon d'Emile Zola

chroniqué par Anne-Charlotte.S

 

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Ma rencontre avec ce roman :

J’ai découvert Zola en classe de 2nde avec mon professeur d’histoire/géo qui nous a fait lire Au bonheur des dames et Germinal, pour faire le lien avec ses cours. Fan depuis de Zola, je ne connaissais pas ce premier volume de la série Les Rougon-Macquart.

 

L'histoire ou ce que je veux en dire :

L’histoire se déroule dans le sud de la France, à Plassans, pendant les journées insurrectionnelles de 1851 menées par les républicains en réponse au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte.

Ce roman marque le début de la généalogie des « Rougon-Macquart », qui commence avec Adélaïde Fouque, dite Tante Dide. Orpheline à 18 ans, elle se marie avec Rougon, un jardinier illettré dont elle a un fils : Pierre Rougon. A la mort de son mari, elle prend pour amant Macquart, un contrebandier, qui lui donne deux enfants : Antoine et Ursule Macquart.

Pierre Rougon devient un homme calculateur. Il s'installe à Plassans et épouse Félicité Puech, la fille d'un commerçant d'huile d'olive, qui n'a qu'une envie : réussir et faire fortune. Ils prennent la relève du commerce d'huile, mais ne parviennent pas à faire fortune. Félicité reporte alors ses espoirs sur ses cinq enfants, et plus particulièrement sur ses trois fils : Eugène, Aristide et Pascal. Mais c’est suite au coup d’état que la vie de Pierre et de sa famille va être bouleversée. Pierre Rougon va réussir à profiter de la situation pour se faire une réputation dans la ville.

En parallèle de cette histoire purement politique se déroule une histoire d’amour entre deux adolescents, Miette et Silvère (fils d’Ursule). Les deux jeunes gens partagent les mêmes convictions et rejoignent les rangs de l'armée paysanne. C'est là que Miette trouve la mort lors d'une confrontation avec les partisans de Louis Napoléon. Silvère la rejoint dans la mort, abattu d'une balle en pleine tête, quelques heures avant la victoire de Pierre et de Félicité.

Un roman passionnant qu’il est difficile de résumer tant il foisonne d’événements et de personnages… mais qui donne les bases pour comprendre l’histoire des « Rougon-Macquart ».

 

L'auteur ou ce que j'en sais :

Dois-je réellement présenter Emile Zola, écrivain et journaliste français, né à Paris le2 avril 1840 et mort dans la même ville le 29 septembre 1902 ?

 

Mon avis sur la question :

Zola réalise une excellente peinture des mœurs de l’époque. Il réussit à décrire les mentalisés et modes de vie, avec une analyse très fine des personnages et de leurs sentiments. C’est aussi un livre qui donne une très bonne vision du contexte politique.

J’ai particulièrement apprécié l’opposition entre les différents personnages : Antoine Macquart, Pierre et Félicité Rougon d’une part, calculateurs et manipulateurs, et Silvère, Miette et Tante Dide d’autre part, naïfs et généreux. Puis il y a cette histoire d’amour entre Miette et Silvère. Leur innocence est très touchante.

 

L'image qu'il me restera de ce roman :

J’hésite entre l’avidité maladive de Félicité Puech, prête à tout pour devenir bourgeoise et les deux adolescents, Miette et Silvère, tous deux enveloppés dans le manteau de Miette.

 

Une phrase du roman qui donne le ton :

« Et, chez les Rougon, le soir, au dessert, des rires montaient dans la buée de la table, toute chaude encore des débris du dîner. Enfin, ils mordaient aux plaisirs des riches ! Leurs appétits, aiguisés par trente ans de désirs contenus, montraient des dents féroces. Ces grands inassouvis, ces fauves maigres, à peine lâchés de la veille dans les jouissances, acclamaient l’Empire naissant, le règne de la curée ardente. Comme il avait relevé la fortune des Bonaparte, le coup d’État fondait la fortune des Rougon. »

 

Trois mots pour définir ce livre 

Pouvoir, politique et innocence

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 05:30

 

Annabel de Kathleen Winter

chroniqué par Suzy Blondax

 

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Ma rencontre avec ce roman : 

La couverture maladroite, mais néanmoins sans équivoque, à attiré mon regard ...

 

L'histoire ou ce que je veux en dire :
Annabel, ce n'est pas le prénom donné à l'enfant né(e) en 1968,au fin fond du Labrador au Canada, ni fille ni garçon, mais le prénom d'une fillette disparue.
Wayne, car c'est finalement le prénom attribué à notre personnage central, ignore le secret qui entoure sa naissance, et que partagent trois personnes: son père, figure paternelle emblématique, trappeur en phase avec la nature qui part chasser pendant de longs mois, et qui ne peut envisager que cette nature ait si mal fait son oeuvre sur son unique enfant. Sa mère, qui tombe dans une léthargie liée à la certitude d'avoir fait le mauvais choix. Thomasina, une amie proche de la famille, et surtout de Wayne, qui saura tempérer les excès du père et combler les manques de démonstration d'amour de la mère.
Mon avis sur la question :
Si vous ouvrez ce livre, ce ne sera pas par voyeurisme, il ne s'agit pas d'un compte rendu sur l'hermaphrodisme (1 naissance sur 83 000), le sujet est méconnu et souvent malheureusement assimilé dans l'esprit des gens à la transexualité.
Ce roman est avant tout une oeuvre poétique, rempli d'émotions et possède une force d'écriture qui me rappelle celle de Susan Fletcher. L'auteur a le don pour décrire la beauté de cette nature bienveillante, ou le trappeur fait d'avantage confiance aux arbres et aux rapaces qu'aux êtres humains, ou la mère s'épanche sur les fleurs et les araignées pour fuir les problèmes de son adolescent, et ou l'amie parcourt le monde pour oublier sa fille disparue. Quand au héros, on a envie de lui hurler la vérité et qu'il trouve la sérénité de corps et d'esprit!
Les personnages décrits par Kathleen Winter ne sont jamais pathétiques mais animés et attachants, des êtres remplis de lumière et de l'envie d'être heureux, dans un décor qui ne laisse guère de place à la différence.

 

L'image qu'il me restera de ce roman :

Un grand moment de sensibilité et d'émotion


Trois mots pour définir ce livre :

Tolérance, lumière, nature

 

 

 

Le mot de l'éditeur :
En 1968, dans un village côtier du Labrador, un enfant mystérieux voit le jour. Ni tout à fait garçon ni tout à fait fille. Mais les deux à la fois. Les parents décident pour l’enfant quel sera son sexe aux yeux de la société. Mais, à mesure que Wayne grandira, son autre « nature » refusera de se taire et l’accompagnera tout au long de sa découverte du monde, aussi fidèle que son ombre. À partir de ce qui pourrait ne sembler qu’un fait divers, Kathleen Winter nous donne une œuvre d’une profonde beauté qui explore le fondement même de l’identité. Pourquoi la communauté des humains nous oblige-t-elle tout le temps à renoncer à nous-même, qui que nous soyons ? En donnant un rôle de premier plan à la nature splendide du Labrador, Winter confère une dimension mythique à son récit, tout en nous faisant découvrir un monde où les humains entretiennent encore des liens – étroits, difficiles – avec leur environnement. 
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 04:08

 

Chrysis de Jim Fergus

 

chroniqué par Anne-Charlotte S

 

 

Ma rencontre avec ce roman :

Avec la newsletter My Little Book Club qui titrait « Ne passez pas à côté de ce livre ».

L'auteur ou ce que j'en sais :

Jim Fergus est un écrivain américain, né de père américain et de mère française. Je l’avais découvert avec son livre « Mille femmes blanches ».

L'histoire ou ce que je veux en dire :

« Chrysis », dont l’intrigue commence au début du XXe siècle, dépeint deux sociétés qui s’entrecroisent. Celle liée à la guerre et à la souffrance des poilus, et celle des années qui suivent qui riment avec légèreté.

Un jeune Américain, Bogey Lambert, quitte le ranch familial dans le Colorado avec son cheval Crazy Horse. Il souhaite rejoindre l’armée française et combattre les Allemands, au prétexte qu’il a par ses ancêtres du sang français. Après avoir parcouru le territoire américain et après des aventures rocambolesques, il réussit à s’embarquer, avec son cheval, vers la France…

De l’autre côté de l’Atlantique, une jeune fille, Gabrielle Jungbluth, quitte les Vosges avec ses parents pour se réfugier à Paris. Son père est colonel. Lorsqu’il est présent, ils partagent une réelle complicité : ils peignent ensemble des heures durant.

La jeune fille s’inscrit aux cours de peinture à l’Atelier de Peinture des Elèves Femmes de l’Ecole des Beaux-Arts. Elle découvre le Paris d’après-guerre. Volontaire et passionnée, libre et rebelle, elle bouscule son milieu et un monde de l'art où les hommes jouissent de tous les privilèges. Elle s’émancipe et se choisit un autre nom, Chrysis. Elle ne tardera pas à se perdre dans les plaisirs désinvoltes et à devenir l'une des figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des années folles. C'est là qu'elle va rencontrer Bogey, avec qui elle va vivre une folle histoire d'amour.

 

Mon avis sur le sujet :

Le préambule du livre est extrêmement émouvant : Jim Fergus raconte une histoire personnelle très forte liée à l’une des œuvres de Chrysis, « Orgie ». En voyage en Europe avec sa compagne en fin de vie, ils achètent cette toile. Un épisode de sa vie qui conduit Jim Fergus à en savoir plus sur cette artiste…

Malheureusement, je trouve que l’intensité  n’est pas au rendez-vous dans le livre. C’est un roman facile et agréable à lire, le style de Jim Fergus reste très poétique. Mais par contre, il manque de profondeur tant dans les sentiments des personnages que dans la description l’ambiance de l’époque : Montparnasse, les artistes de l’époque…

 

L'image qui me restera de ce roman :

 « I’m a poor lonesome cow-boy », qui colle bien à l’image que je me fais du cow-boy Bogey.

 

Une phrase qui donne le ton :

"Gabrielle respirait le parfum musqué et enivrant de la liberté et de l’indépendance, un mélange plein de vitalité  d’hommes et de femmes, d’art et de sexe, d’amour et de violence, de pauvreté et de richesse ; tout y était, tous les aspects débridés de la nature humaine et des comportements humains, libérés de leurs entraves et prêts à s’exprimer."

 

Trois mots pour définir ce roman :

Montparnasse, peinture, érotisme

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 04:01

 

Hamlet de William Shakespeare

   

 chroniqué par Sophie S

 

 

 

Ma rencontre avec ce roman :

 

Une redécouverte plutôt, avec un regard différent mais toujours autant sous le charme de cette écriture et de cette pièce.

 

 

L’histoire ou ce que je veux en dire :

 

Hamlet pleure encore la mort de son père et enrage contre le remariage trop rapide à son goût de sa mère quand il reçoit la visite du spectre de son père qui lui révèle que Claudius (l’oncle d’Hamlet) l’a assassiné pour prendre la couronne et Gertrude, sa femme. Il lui enjoint de le venger. Dès lors, Hamlet décide de se faire passer pour fou pour arriver plus facilement à ses fins et vérifier si ce qu’a dit le fantôme est vrai. Pour ce faire, il demande à des comédiens de représenter sur scène le crime qui a été commis afin de voir quelle sera la réaction de Claudius. Mais son attitude a un prix, l’amour et la vie d’Ophélie dont il est épris et dont il tue le père, Polonius, par erreur ; l’exil et, enfin, la mort dans le sillage de laquelle il va entraîner ses proches.

 

 

Mon avis sur le sujet :

« De la folie, mais qui ne manque pas de méthode », déclare Polonius à la suite des propos étranges d’Hamlet. Aux questions rationnelles de ses interlocuteurs qui cherchent à comprendre pourquoi il est devenu fou, Hamlet oppose des réponses totalement déconcertantes, drôles parfois : « Je ne suis fou que par nord-nord est… ».

Au fur et à mesure de la pièce, devant son incapacité à agir, on se demande s’il n’a pas finalement complètement basculé dans la folie. A travers les errements d’Hamlet, ses doutes, sa violence aussi parfois, Shakespeare montre la porosité de la frontière entre raison et folie. Et cette interrogation prend encore une autre dimension à travers la pièce dans la pièce pour confondre le roi. Chacun perçoit et entend des choses que l’autre ne voit ni n’entend (comme le spectre). Le chemin de la vérité passe par le mensonge et les trompe-l’oeil : illusion de la réalité ou réalité des illusions ?

 

 

Trois mots pour définir cette œuvre (c’est évidemment insuffisant !)

 

« To be or not to be »

Tragédie

Déraison

 

 

Une phrase qui donne le ton :

 

« Le temps est hors de ses gonds. Ô sort maudit

Que ce soit moi qui aie à le rétablir. »

 

 

 

 

Mot de l’éditeur :

" II y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ! " Le soir venu, le spectre du roi défunt hante les brumes du château d'Elseneur. II crie vengeance. Honte à son frère Claudius, le lâche assassin ! Hamlet, son fils, a promis... Ce crime ne restera pas impuni. Mais au bord du gouffre, le voilà  qui vacille : " Être ou ne pas être ? " Jeu de miroirs, faux-semblants... Théâtre dans le théâtre... Folie simulée ou véritable démence ? Le meurtre est pourtant bien réel. Et la mort d'Ophélie annonce d'autres désastres. Au cœur de la tragédie jaillissent alors les voix mystérieuses du pouvoir et de la guerre, de l'amour et de la mort. La poésie de Shakespeare fuse à chaque instant en vocalises sublimes, composant ici le mythe universel d'une humanité confrontée à ses propres démons…

 

 

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:15

 

Certaines n'avaient jamais vu la mer

 

de Julie Otsuka

 

   

 

 

 

Ma rencontre avec ce roman : 

  

Il m’a été offert, prix femina 2012 étranger.

 

 

L'histoire ou ce que je veux en dire :

 

Ce roman raconte la vie de femmes Japonaises immigrée aux Etats Unis (San Francisco principalement) au début des années 20. Le roman commence par l’éprouvante traversée en bateau pour joindre les USA et ce qui a pu motiver ces femmes à quitter leur vie et leur famille, les autres chapitres nous racontent leurs mariages, les enfants, les rapports avec les  américains, le racisme dont elles sont l’objet.

  

Des premières vagues d’immigrés japonais ont commencés à  arriver à la fin du 19eme siècle aux états unis, il semble qu’il s’agissait principalement d’hommes. On a donc fait venir des femmes pour qu’ils puissent se marier et fonder des familles. Ainsi des mariage « à distance » ont été organisés. Toutes les femmes du roman avaient reçu des photographies et des lettres de leurs fiancés – Tous sur le papier sont beaux et embrassent des carrières brillantes

Évidemment les déceptions sont grandes à l’arrivée de ces femmes, quand elles découvrent que les photos datent ou sont mensongères. Elles se retrouvent bien plus souvent mariée à des hommes âgés, occupant des emplois dans l’agriculture, que les beaux chef d’entreprise dont elles pensaient devenir les épouse. On suit donc, les destins de ces femmes qui vont devenir agricultrices, femmes de chambres, prostituées parfois durant tout le roman.

 

 

Mon avis sur le sujet :

 

Malgré un intérêt documentaire indéniable, j’ai été très gênée par la construction narrative du roman : l’emploi du « nous » permettant d’illustrer tous les destins possibles de ces femmes, m’a empêché de me laisser entraîner par l’histoire et empêché toute forme d’empathie et d’émotion. Le roman est une suite d’énumération. Cette distanciation créée par ce « nous » fait qu’on ne fait pas connaissance avec aucun des personnages, puisqu’ils sont multiples et nous amène à survoler leur histoire. Selon moi, c’est totalement raté, alors que l’histoire, mieux exploitée aurait vraiment pu créer un très bon roman.  En revanche, une de mes connaissances a beaucoup aimé, considérant au contraire que l’emploi du nous l’avait inclue dans l’histoire. Elle a été très touchée, tout à l’inverse de moi.

 

 

Trois mots pour définir ce roman :  

 

Exil, désillusions, Déculturation

 

Une phrase qui donne le ton :

 

"Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements. (…) Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer"

 

 

 

 

Le mot de l'éditeur :

L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.
C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

 

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